Tribunal judiciaire de Lille, le 6 novembre 2025, n°2025F00888

Le tribunal judiciaire de Lille, statuant le 6 novembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société débitrice, confrontée à des dettes sociales et fiscales impayées, est déclarée en cessation des paiements. Le tribunal fixe la date de cessation et nomme les mandataires judiciaires. Il organise le déroulement ultérieur de la procédure collective en ouvrant une période d’observation.

L’appréciation souveraine de la cessation des paiements

Le constat de l’état de cessation constitue le fondement légal de l’ouverture. Le juge retient l’incapacité avérée de la société à faire face à son passif exigible. Il s’appuie sur le rapport du juge enquêteur ayant constaté différentes dettes. Le rapport précise qu’une dette fiscale « reste à devoir et la société ne semble pas être en mesure de faire face à son paiement » (Motifs). Cette analyse confirme une approche concrète et globale de la notion. La jurisprudence retient une définition similaire fondée sur l’impossibilité de payer. « Il apparaît que la société MELABA n’est pas en mesure de supporter son passif exigible de 197 546, 58 euros avec son actif disponible de 103 335, 37 euros » (Cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 23 janvier 2025, n°24/09379). La décision s’inscrit dans cette ligne en privilégiant la réalité économique sur les apparences comptables.

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe provisoirement cette date au 5 novembre 2025. Cette décision est rendue nécessaire par l’ouverture de la procédure. Elle détermine la période suspecte et le sort des actes accomplis. La date choisie correspond au jour du jugement d’ouverture. Cette pratique courante permet une application immédiate des règles de la période suspecte. Elle laisse toutefois la possibilité d’une modification ultérieure. Le mandataire judiciaire pourra en effet proposer une date antérieure. Cette souplesse est essentielle pour protéger la masse des créanciers. Elle garantit l’efficacité du traitement collectif du passif.

Les mesures d’organisation de la procédure collective

Le tribunal nomme un administrateur judiciaire malgré l’absence de seuils. Il motive cette désignation par la nécessité d’un suivi régulier de la gestion. « Un suivi régulier de la gestion de l’entreprise étant indispensable » (Motifs). Cette décision souligne l’adaptation des moyens aux besoins de la procédure. Elle confère à l’administrateur un rôle d’assistance auprès du dirigeant. Le tribunal organise également une période d’observation jusqu’au 6 mai 2026. Il prévoit une audience de contrôle intermédiaire le 17 décembre 2025. Cette audience vise à vérifier les capacités de financement de l’entreprise. Le tribunal anticipe ainsi l’éventualité d’une liquidation en cas d’impossibilité.

Les obligations imposées au débiteur et aux mandataires

Le jugement édicte un ensemble de prescriptions procédurales précises. Le débiteur doit remettre sans délai la liste de ses créanciers et de ses dettes. Il doit également fournir ses derniers comptes sociaux et un prévisionnel. Le tribunal l’invite à coopérer sous peine de sanctions commerciales. Parallèlement, le mandataire judiciaire doit déposer la liste des créances dans un délai de douze mois. L’administrateur judiciaire doit quant à lui établir un premier rapport. Ce rapport devra être déposé dix jours avant l’audience de contrôle. Ces obligations cadrent strictement le déroulement de la période d’observation. Elles assurent une information complète et rapide du juge commissaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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