Tribunal judiciaire de commerce de Soissons, le 13 novembre 2025, n°2025002559

Le tribunal judiciaire de première instance, statuant en matière commerciale, rend le présent jugement d’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée. Il constate la cessation des paiements de la société depuis une date fixée et estime son redressement impossible. La procédure est ouverte dans sa forme simplifiée en raison de la modicité de l’actif et des faibles effectifs. Le tribunal nomme les organes de la procédure et fixe les délais applicables, notamment pour le dépôt de l’état des créances et l’examen de la clôture.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son appréciation concrète par le juge

Le tribunal retient la définition de l’article L. 631-1 du code de commerce. Il constate que le débiteur n’est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. La situation est appréciée à une date précise, fixée au 31 juillet 2025. Le juge fonde son analyse sur un déséquilibre patent entre le passif et l’actif. Le passif exigible est évalué à 48 509,00 euros tandis que les actifs disponibles ne s’élèvent qu’à 5 423,04 euros. Cette approche confirme que l’appréciation est une question de fait, laissée à la souveraineté des juges du fond. La Cour d’appel de Paris rappelle que « Pour apprécier l’existence d’un état de cessation des paiements, la cour doit analyser la situation de la société au jour où elle statue » (Cour d’appel de appel de Paris, le 3 avril 2025, n°24/16725). La décision illustre l’application stricte de ce critère objectif, sans recherche de la cause de l’insolvabilité.

La fixation de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation au 31 juillet 2025. Cette date est cruciale pour déterminer la période suspecte. Elle est établie au vu des informations recueillies dans le dossier. La fixation provisoire permet une révision ultérieure par le juge-commissaire. Cette décision souligne l’importance de cet élément pour la sécurité juridique de la procédure. La date marque le point de départ des actions en nullité et protège les actes antérieurs. Elle constitue un pilier de l’organisation des pouvoirs du liquidateur dans la reconstitution du patrimoine.

Les conditions de prononcé de la liquidation judiciaire simplifiée

L’impossibilité du redressement et l’exclusion d’autres procédures

Le tribunal constate que le redressement est manifestement impossible. Aucun plan de redressement avec apurement du passif n’est envisageable. L’élaboration d’un plan de cession est également jugée illusoire. La personne morale ne peut bénéficier de la procédure de rétablissement professionnel. Ces constatations justifient le passage direct à la liquidation. La décision rappelle le caractère subsidiaire de la liquidation, prononcée en l’absence de toute perspective de sauvegarde. Elle applique strictement l’économie générale du droit des entreprises en difficulté.

Le respect des seuils légaux pour la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie le respect des conditions des articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce. L’actif ne comprend pas de bien immobilier, l’entreprise emploie moins de cinq salariés. Son chiffre d’affaires est inférieur à 750 000 euros. Ces seuils étant respectés, la procédure simplifiée est applicable. Le tribunal statue sur clôture dans un délai maximal de six mois. Cette procédure accélérée vise les petites structures pour une liquidation rapide. La Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion confirme ce cadre en indiquant qu’une « procédure de liquidation judiciaire simplifiée » est ouverte avec un « délai de cinq mois accordés au liquidateur pour le dépôt de l’état des créances » (Cour d’appel de appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). La décision commentée en étend l’application à une société commerciale, garantissant une gestion efficace des petites défaillances.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture