Tribunal judiciaire de commerce de Chartres, le 10 novembre 2025, n°2025F00971

Le tribunal judiciaire, statuant en matière commerciale, rend une décision de liquidation judiciaire. La procédure de redressement n’ayant pas abouti, le tribunal prononce la liquidation et nomme un liquidateur. Il autorise cependant la poursuite temporaire de l’activité. Cette décision soulève la question des conditions de conversion d’une procédure de redressement en liquidation.

La condition substantielle de l’impossibilité de redressement
L’exigence d’un constat d’échec préalable
Le tribunal fonde sa décision sur l’absence de solution de redressement dégagée durant la période d’observation. Les délais accordés pour étudier des perspectives de continuation sont épuisés sans succès. Aucun plan d’apurement du passif n’est réalisable selon l’analyse du juge. Ce constat factuel est essentiel pour justifier le prononcé de la liquidation.

La portée de ce motif est de vérifier l’impossibilité manifeste du redressement. La décision illustre le contrôle judiciaire sur la fin de la période d’observation. Elle rappelle que cette conversion n’est pas automatique mais conditionnée. La Cour d’appel de Bordeaux a souligné ce point en indiquant que le tribunal « a prononcé celle-ci après avoir déduit des éléments dont il disposait que la condition tenant à l’impossibilité d’un redressement était remplie » (Cour d’appel de appel de Bordeaux, le 5 février 2025, n°24/03600). L’appréciation in concreto des perspectives de l’entreprise est donc centrale.

Les modalités procédurales de la conversion
Le cadre légal de la décision de liquidation
Le tribunal applique strictement les articles L. 622-10 et L. 640-1 du code de commerce. Il procède à la liquidation judiciaire après consultation des organes de la procédure. La décision met fin à la mission de l’administrateur judiciaire et nomme le liquidateur. Elle fixe également un délai pour l’examen de la clôture future de la liquidation.

La valeur de cette décision réside dans l’aménagement de la transition procédurale. Le tribunal autorise la société à poursuivre son activité jusqu’à une date précise. Cette mesure temporaire permet une gestion ordonnée de la cessation d’activité. Elle atténue les effets immédiats de la liquidation sur l’exploitation. Le juge organise ainsi une sortie de crise en conciliant plusieurs impératifs. La décision assure la continuité des opérations nécessaires avant la dissolution définitive.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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