Tribunal judiciaire de commerce de Cannes, le 6 novembre 2025, n°2025F00190

Le tribunal judiciaire, statuant par jugement non susceptible d’appel, prend acte d’un désistement d’instance intervenu avant toute défense au fond. Il constate l’extinction de l’instance et condamne la partie demanderesse originaire à supporter les dépens, conformément aux dispositions du code de procédure civile.

Le régime du désistement d’instance

La décision rappelle les conditions de validité d’un désistement volontaire. Le texte souligne que l’acte est parfait lorsque la renonciation à l’instance survient avant toute discussion sur le fond du litige. « Le désistement ayant eu lieu avant toute défense au fond ou fin de non-recevoir, il est parfait au sens de l’article 395 du même Code » (Discussion). Cette précision temporelle est essentielle pour la sécurité juridique des parties. Elle évite tout risque de manœuvre dilatoire après l’engagement des débats substantiels.

Les effets procéduraux du désistement sont immédiats et automatiques. Le juge constate l’extinction de l’instance et son propre dessaisissement par un jugement spécifique. « En conséquence, il y a lieu de prendre acte du désistement et, en application du premier alinéa de l’article 385 dudit Code, de constater l’extinction de l’instance par un jugement de dessaisissement » (Discussion). Cette mesure, qualifiée d’administration judiciaire, échappe à toute voie de recours. Elle assure une clôture rapide et définitive de la procédure.

La sanction financière du renoncement

La charge des dépens constitue la principale conséquence du désistement pour la partie qui y procède. Le principe posé par le code est clair et s’applique en l’absence d’accord différent. « L’article 399 du Code précité dispose que le désistement emporte, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte » (Discussion). Cette règle trouve son fondement dans l’idée que l’initiative du demandeur a engagé des frais inutiles. La jurisprudence confirme régulièrement ce principe de mise à la charge des dépens.

La décision applique strictement ce principe en l’absence de preuve d’une convention contraire. « La partie demanderesse ne produisant aucune convention, il lui revient naturellement d’assumer la charge des dépens » (Discussion). Cette solution est constante, comme le rappelle une jurisprudence récente. « En l’absence de convention contraire, les dépens doivent être mis à la charge de Mme [K] épouse [J], conformément aux dispositions de l’article 399 du code de procédure civile » (Cour d’appel de Besançon, le 25 mars 2025, n°24/01082). Elle sanctionne ainsi le renoncement et indemnise symboliquement la partie adverse.

Cette décision illustre parfaitement le régime juridique du désistement d’instance. Elle en rappelle les conditions de formation et les effets procéduraux automatiques. Surtout, elle confirme la sanction financière systématique pesant sur le demandeur renonçant. Ce mécanisme assure l’équilibre entre la liberté de mettre fin à l’instance et la nécessité de ne pas engendrer de frais injustifiés. Il constitue une application classique des principes directeurs de la procédure civile.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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