Tribunal judiciaire de commerce de Bordeaux, le 10 novembre 2025, n°2025F00812

Le tribunal judiciaire, statuant par jugement réputé contradictoire, a condamné une caution solidaire au paiement de plusieurs créances bancaires. La juridiction a retenu le caractère certain, liquide et exigible des sommes réclamées par l’établissement de crédit. Elle a également fixé le principe de l’exécution provisoire de droit et alloué une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile. La décision illustre le contrôle judiciaire des engagements de la caution et le régime des demandes en justice.

La qualification des prétentions et des moyens
Le tribunal opère une distinction essentielle entre les prétentions et les simples moyens. Il rappelle que les demandes de constater, donner acte ou dire et juger ne constituent pas des prétentions. Ces formulations relèvent des moyens ou arguments au soutien des prétentions proprement dites. Cette précision a une valeur générale pour la conduite de l’instance. Elle guide les parties dans la rédaction de leurs conclusions et délimite l’objet du litige. Le juge écarte ainsi toute ambiguïté sur la nature des demandes présentées.

Le contrôle de l’étendue de l’engagement de la caution
La décision procède à un examen minutieux des conventions de cautionnement. Le juge vérifie la validité formelle des actes et le respect des exigences légales. Il constate notamment que les mentions manuscrites sont conformes. L’analyse substantielle conduit à limiter la condamnation au montant du plafond souscrit. Le tribunal observe que le montant réclamé par la banque excède le montant du cautionnement. Il en déduit que la somme due ne peut excéder la fraction convenue. Cette application stricte protège la caution contre un engagement non voulu.

Le régime de l’exécution provisoire de droit
La juridiction statue sur le caractère de droit de l’exécution provisoire. Elle rappelle que suivant les dispositions de l’article 514 du code de procédure civile, l’exécution provisoire est de droit. Le juge estime que celle-ci n’est pas incompatible avec la nature de l’affaire. Il rejette donc toute demande visant à l’écarter. Ce point souligne la nature attractive de cette mesure pour le créancier. La solution s’inscrit dans une jurisprudence constante sur les conditions de rejet. Elle assure l’efficacité de la décision malgré un éventuel recours.

La condamnation aux frais irrépétibles et aux dépens
Le tribunal alloue une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il estime inéquitable de laisser à la charge du créancier ses frais. Le quantum est toutefois réduit à cinq cents euros par le juge. La partie succombante est également condamnée aux entiers dépens de l’instance. Cette approche équilibre l’indemnisation du créancier et la proportionnalité de la charge. Elle rappelle le pouvoir souverain d’appréciation des juges sur ce point. La décision participe ainsi à une saine administration de la justice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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