Tribunal judiciaire de commerce de Bordeaux, le 10 décembre 2025, n°2025P01974

Le tribunal judiciaire, statuant en date non précisée, ouvre une liquidation judiciaire à l’encontre d’une société commerciale. La société, en cessation des paiements, a elle-même considéré son redressement impossible. Le tribunal retient l’impossibilité manifeste de redressement et applique la procédure de liquidation simplifiée avec une clôture fixée dans un délai d’un an.

La caractérisation de l’impossibilité manifeste de redressement

Le constat d’une situation financière irrémédiablement compromise

Le tribunal fonde sa décision sur une analyse détaillée de la situation patrimoniale du débiteur. L’actif disponible est nul face à un passif exigible important, et il n’existe aucun actif immobilier. Ces éléments objectifs, combinés à des pertes récentes, établissent l’état de cessation des paiements. La décision illustre que l’appréciation de l’impossibilité de redressement repose sur des données chiffrées et vérifiables.

La portée des déclarations du dirigeant sur le pronostic de redressement

Le tribunal accorde un poids décisif à la position du représentant légal. La société « a indiqué qu’elle considérait que sa situation était trop compromise pour qu’une solution de redressement puisse être envisagée ». Ces propres déclarations sont jugées probantes pour caractériser l’impossibilité manifeste. Cette approche confirme que l’aveu du débiteur constitue un indice sérieux, venant corroborer les éléments financiers, pour prononcer la liquidation.

Les modalités pratiques de la liquidation judiciaire simplifiée

L’application des critères légaux de la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie le respect des conditions prévues par les articles L 641-2 et D 641-10 du code de commerce. Il constate que les seuils prévus sont dépassés, justifiant le recours à la procédure simplifiée. « Le Tribunal dira donc que la clôture de la liquidation judiciaire sera prononcée au plus tard dans le délai d’un an » (Motifs). Ce cadre procédural accéléré est réservé aux situations où l’actif est insuffisant ou nul.

L’encadrement strict des délais pour une clôture rapide

La décision impose un calendrier serré à tous les acteurs de la procédure. Un délai de deux mois est imparti aux créanciers pour déclarer leurs créances. Le liquidateur dispose ensuite de quatre mois pour établir la liste des créances. Ce dispositif, aboutissant à une clôture dans l’année, vise une réalisation rapide de l’actif inexistant. Il reflète la logique d’efficacité de la procédure simplifiée lorsque aucune masse active n’est à distribuer.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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