Tribunal judiciaire de commerce de Bernay, le 13 novembre 2025, n°2025F00287

Le tribunal judiciaire, statuant en premier ressort, ouvre une procédure de liquidation judiciaire à l’égard d’une société immobilière. La décision constate l’état de cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement. Elle illustre le contrôle judiciaire sur l’ouverture d’une procédure collective et ses conséquences immédiates.

Le constat de la cessation des paiements

La qualification juridique du déficit d’actif

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. Cette appréciation résulte d’informations recueillies en chambre du conseil auprès du débiteur. Le juge vérifie ainsi concrètement la définition légale de la cessation des paiements.

La portée de ce constat est essentielle car il conditionne l’ouverture de toute procédure collective. Le juge statue sur une situation actuelle, même si les difficultés sont anciennes. Cette analyse in concreto garantit une adaptation aux circonstances de l’espèce.

L’appréciation au jour de la décision

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au premier septembre deux mille vingt-cinq. Cette date, postérieure à l’audience, montre que le juge apprécie la situation au moment où il statue. La fixation est provisoire pour permettre au liquidateur de la vérifier.

Cette méthode rejoint la jurisprudence constante sur le point de droit applicable. « L’article L.631-1 du même code définit l’état de cessation de paiement par l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, qui doit être apprécié au jour où la juridiction statue, même en cause d’appel. » (Cour d’appel de Colmar, le 9 avril 2025, n°24/02687) Le tribunal applique strictement ce principe.

L’ouverture de la liquidation judiciaire

L’impossibilité manifeste de redressement

Le tribunal constate l’absence de perspective de redressement ou de cession pour la société. Cette impossibilité manifeste justifie le passage direct à la liquidation judiciaire. Le juge procède ainsi à une anticipation fondée sur les éléments recueillis.

La valeur de cette appréciation réside dans son caractère prévisionnel et souverain. Elle évite l’ouverture d’une procédure de redressement vouée à l’échec. Cette économie de procédure protège les intérêts des créanciers et évite des frais inutiles.

Les mesures d’organisation de la procédure

La décision désigne les organes de la procédure, juge-commissaire et liquidateur judiciaire. Elle fixe également des délais stricts pour l’établissement de la liste des créances. L’exécution provisoire est ordonnée pour assurer l’efficacité immédiate de la mesure.

La portée de ces dispositions est de garantir une liquidation ordonnée et rapide. Le tribunal encadre ainsi le déroulement futur de la procédure collective. Ces mesures impératives illustrent le caractère d’ordre public de la liquidation judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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