Tribunal judiciaire de Bergerac, le 10 juillet 2025, n°2025P00157

Le tribunal judiciaire de Bergerac, statuant le 10 juillet 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société d’ingénierie. La juridiction constate l’état de cessation des paiements au regard d’un passif exigible important et d’un actif disponible insuffisant. Elle retient également l’impossibilité manifeste de redressement en raison de la perte des principaux clients. La décision fixe provisoirement la date de cessation des paiements et organise les modalités de la procédure simplifiée.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

L’appréciation objective de l’incapacité à faire face au passif

Le tribunal fonde sa décision sur une analyse comptable précise des éléments fournis. Il relève que le débiteur présente un passif échu et exigible important face à un actif disponible largement insuffisant. Cette approche objective est conforme à la définition légale de la cessation des paiements. Elle écarte toute appréciation subjective sur les difficultés de l’entreprise pour se concentrer sur sa situation financière avérée.

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements

La décision intègre les déclarations du dirigeant sur l’apparition des premiers incidents. « il conviendra donc de fixer provisoirement la date de cessation des paiements au 1 er juin 2025 » (Motifs). Cette fixation provisoire respecte la recherche de la date exacte prévue par la loi. Elle permet de délimiter la période suspecte pour les actes éventuellement annulables. Cette démarche est essentielle à la sécurité juridique de la procédure collective.

Les conditions du prononcé de la liquidation simplifiée

La constatation de l’impossibilité manifeste de redressement

Le tribunal justifie son choix par plusieurs éléments cumulatifs tirés de l’instruction. Il mentionne la perte des meilleurs clients et l’absence de biens immobiliers dans l’actif. La faible taille de l’entreprise est également retenue avec un chiffre d’affaires inférieur à 750 000 euros. Ces indices convergents permettent de caractériser l’absence totale de perspectives de rétablissement.

L’application du régime procédural adapté à la situation

Le tribunal opte pour la liquidation judiciaire simplifiée en raison des caractéristiques de l’entreprise. Ce régime allégé est prévu pour les petites structures sans activité à poursuivre. La décision en organise précisément les premières étapes, dont le rapport du liquidateur dans un mois. Elle illustre l’adaptation de la procédure collective à la diversité des situations économiques rencontrées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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