Tribunal de commerce de Vesoul, le 6 novembre 2025, n°2025003081

Le Tribunal de commerce de Vesoul, statuant le 6 novembre 2025, a été saisi d’une déclaration de cessation des paiements. Une société exploitant un salon de coiffure, confrontée à un passif excédant largement son actif, sollicitait l’ouverture d’une liquidation judiciaire. Le tribunal, après examen, a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Il a également fixé provisoirement la date de cet état et désigné les auxiliaires de justice.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal vérifie d’abord les conditions légales de l’ouverture de la procédure. L’examen des éléments produits par la société démontre son incapacité financière. Le jugement relève que le passif s’élève à quatre-vingt-quatre mille trois cent cinquante-sept euros pour un actif déclaré de quarante-deux mille quatre cent quatre-vingt-treize euros. Cette disproportion manifeste constitue un indice sérieux de difficultés insurmontables. Le tribunal en déduit que la société est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette appréciation in concreto est conforme à la définition légale de la cessation des paiements. Elle s’appuie sur une situation patrimoniale nettement déficitaire à un moment donné.

La fixation de la date de cessation des paiements

Le tribunal procède ensuite à la détermination de la date de cet état. Il fixe provisoirement cette date au vingt-sept octobre deux mille vingt-cinq. Cette décision est prise après examen des observations du débiteur sur ce point précis. La fixation de la date est une étape juridique cruciale. Elle détermine en effet la période suspecte et affecte la validité de certains actes. Le caractère provisoire de cette fixation est notable. Il permet une révision ultérieure si des éléments nouveaux venaient à être découverts par le liquidateur. Cette prudence du juge garantit la sécurité juridique de la procédure.

Le régime applicable de la liquidation simplifiée

Le tribunal qualifie ensuite la procédure applicable au regard de critères objectifs. La société déclare n’être propriétaire d’aucun actif immobilier et employer moins de cinq salariés. Son chiffre d’affaires est inférieur au seuil de sept cent cinquante mille euros hors taxes. Le tribunal applique donc le régime de la liquidation judiciaire simplifiée. Ce régime allégé est prévu par les articles L644-1 et suivants du code de commerce. Il vise à adapter la procédure aux très petites entreprises. Le choix de ce cadre procédural découle directement de la situation économique et sociale du débiteur. Il implique des règles spécifiques pour le déroulement des opérations.

Les modalités pratiques de la procédure simplifiée

Enfin, le tribunal organise les opérations de liquidation dans ce cadre simplifié. Il prévoit que la vente des actifs mobiliers pourra être effectuée de gré à gré. À défaut, elle interviendra aux enchères publiques dans un délai de quatre mois. Le jugement impose également un délai de clôture contraint de six mois. Ce délai court à compter de l’ouverture de la procédure. Il peut faire l’objet d’une prorogation exceptionnelle par le juge. Cette temporalité accélérée est une caractéristique essentielle du régime simplifié. Elle vise une résolution rapide du sort de l’entreprise en difficulté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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