Tribunal de commerce de Valenciennes, le 8 décembre 2025, n°2025006491

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le 8 décembre 2025, se prononce sur une requête en indemnité pour procédure impécunieuse. Le liquidateur judiciaire sollicite le bénéfice de cette indemnité après la clôture pour insuffisance d’actif de la liquidation simplifiée. Le tribunal accueille sa demande et fixe le montant de l’indemnité à mille cinq cents euros. Cette décision illustre les modalités de prise en charge des frais de liquidation en l’absence de biens.

La reconnaissance judiciaire de l’impécuniosité procédurale

Les conditions légales de l’impécuniosité sont remplies en l’espèce. Le jugement constate d’abord la clôture de la procédure pour insuffisance d’actif prononcée antérieurement. Il relève ensuite que le compte rendu de fin de mission du liquidateur démontre cette situation. Le tribunal fonde ainsi sa décision sur un faisceau d’éléments concordants. Il applique strictement les textes prévus pour ce cas de figure.

La fixation de l’indemnité due au liquidateur obéit à un cadre réglementaire précis. Le tribunal se réfère aux articles L.663-3 et R.663-41 et 48 du code de commerce. Il fixe à la somme de 1500 euros (non soumise à TVA), le montant de l’indemnité qui sera versée au liquidateur par prélèvement sur le fonds d’indemnisation des procédures impécunieuses géré par la Caisse des Dépôts et Consignations (Motifs). Cette somme est déterminée par la loi et ne fait pas l’objet d’une appréciation discrétionnaire. Le fonds d’indemnisation garantit ainsi l’équité de la mesure.

Les implications pratiques de la clôture pour insuffisance d’actif

La décision souligne les conséquences financières de l’impécuniosité pour la procédure. Le jugement ordonne que les dépens seront employés en frais privilégiés et seront recouvrés sur le Trésor Public par application de l’article L.663-1 du code de commerce (Motifs). Cette prise en charge par la collectivité est une garantie essentielle. Elle permet d’assurer le bon déroulement des opérations de liquidation malgré l’absence de ressources. Elle sécurise également la mission des auxiliaires de justice.

La portée de cette solution doit être nuancée au regard d’autres hypothèses de clôture. Une jurisprudence récente rappelle que la clôture peut aussi intervenir lorsqu’il n’existe plus de passif exigible ou que le liquidateur dispose des sommes suffisantes pour désintéresser les créanciers (Cour d’appel de Toulouse, le 1 avril 2025, n°24/00950). L’impécuniosité se distingue donc clairement de ces situations plus favorables. Elle constitue un cas spécifique justifiant une indemnisation particulière. Le dispositif vise à préserver l’efficacité du système global de traitement des défaillances d’entreprises.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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