Tribunal de commerce de Valenciennes, le 8 décembre 2025, n°2025005213

Le tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le huit décembre deux mille vingt-cinq, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, dépourvue de salariés et avec un chiffre d’affaires modeste, est reconnue en cessation des paiements. Le tribunal constate l’absence d’actif disponible et l’impossibilité de tout plan de redressement ou de cession. Il applique ainsi le régime dérogatoire prévu pour les petites entreprises en situation d’insolvabilité irrémédiable.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal retient l’état de cessation des paiements au sens de l’article L. 621-1 du code de commerce. Il fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. « La société V.M.T PIECES AUTO se trouve manifestement en état de cessation des paiements, comme ne pouvant faire face à son passif exigible de 26 430,90 euros à l’aide de son actif disponible de 0 euros » (Attendu). Cette appréciation in concreto s’attache à la trésorerie réellement disponible. La jurisprudence confirme cette approche exigeante de la preuve. « Il est ainsi conclu que la société [8] Hôtel ne dispose pas de la trésorerie et de perspectives d’encaissement lui permettant de régler l’intégralité dudit passif » (Cour d’appel de Grenoble, le 6 février 2025, n°24/02921). La cessation des paiements est ainsi établie de manière irréfutable.

Les critères cumulatifs de la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie scrupuleusement les conditions d’application du régime. La société doit employer moins de cinq salariés et réaliser un faible chiffre d’affaires. « L’entreprise emploie 0 salarié et que son chiffre d’affaires hors taxes annuel à la date de clôture du dernier exercice social est inférieur à 300.000 euros » (Attendu). L’absence d’actif immobilier constitue un élément supplémentaire. Ces seuils objectifs permettent de qualifier la situation de l’entreprise. Ils justifient le recours à une procédure allégée. La vérification de ces conditions est une étape préalable essentielle. Elle garantit la bonne application d’un dispositif dérogatoire conçu pour les très petites structures.

Les modalités pratiques de la liquidation simplifiée

L’adaptation des missions du liquidateur

Face à l’absence d’actif significatif, le tribunal adapte les missions confiées au liquidateur. Il lui confie directement la réalisation de l’inventaire. « Il y a lieu de confier au liquidateur, par application de l’article L.641-2 du code de commerce, mission de réaliser l’inventaire dans cette procédure » (Attendu). Cette mesure déroge à l’organisation habituelle de la liquidation. Elle évite la nomination d’un commissaire-priseur judiciaire. Le liquidateur doit également établir un rapport initial et la liste des créances. Ces tâches sont définies dans des délais stricts par le jugement. Cette simplification vise à réduire les coûts de la procédure. Elle est rendue possible par la nature particulière du patrimoine du débiteur.

Un cadre procédural accéléré et allégé

Le tribunal fixe un délai de clôture de six mois, conformément à la loi. Ce délai peut être prorogé par une décision motivée du juge. Les créanciers disposent de deux mois pour déclarer leurs créances. La publicité du jugement est assurée selon les formes légales. L’ensemble du processus est conçu pour être rapide et peu coûteux. Cette célérité est la contrepartie de l’absence totale d’actif à réaliser. La procédure vise essentiellement à constater l’extinction de la personne morale. Elle permet une clôture ordonnée des opérations sans espoir de dividendes pour les créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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