Tribunal de commerce de Valenciennes, le 3 novembre 2025, n°2025005450

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le 3 novembre 2025, se prononce sur une requête en indemnité pour procédure impécunieuse. Après l’ouverture puis la clôture pour insuffisance d’actif d’une liquidation judiciaire simplifiée, le liquidateur sollicite le bénéfice de l’indemnité prévue par les articles L.663-3 et R.663-41 et 48 du code de commerce. Le tribunal fait droit à sa demande et fixe le montant de l’indemnité à 1500 euros, à verser par le fonds d’indemnisation.

Le régime de l’indemnité pour procédure impécunieuse

Les conditions d’octroi de l’indemnité
Le jugement rappelle les conditions légales nécessaires à l’allocation de cette indemnité spécifique. Il constate d’abord que la procédure de liquidation judiciaire simplifiée a été préalablement ouverte puis clôturée pour insuffisance d’actif. Il relève ensuite que le liquidateur a déposé son compte rendu de fin de mission, document essentiel pour attester de l’état de l’actif. Enfin, le tribunal se fonde expressément sur ce compte rendu pour établir le caractère impécunieux de la procédure, condition sine qua non du droit à indemnité. Cette analyse respecte strictement le cadre posé par les articles L.663-3 et R.663-41 du code de commerce, garantissant une application sécurisée du dispositif.

La fixation et le financement de l’indemnité
Le tribunal exerce ensuite son pouvoir de fixation du montant de l’indemnité due au mandataire judiciaire. Il retient la somme de 1500 euros, montant forfaitaire non soumis à la TVA conformément à la réglementation. Surtout, il précise le mode de financement de cette somme, qui n’incombe pas au débiteur dont l’actif est insuffisant. Le jugement ordonne que l’indemnité « sera versée au liquidateur par prélèvement sur le fonds d’indemnisation des procédures impécunieuses géré par la Caisse des Dépôts et Consignations ». Ce mécanisme assure une rémunération garantie au liquidateur, essentielle pour l’exercice de sa mission dans des procédures sans ressources.

Les implications pratiques de la décision

La sécurisation de la mission du liquidateur
Cette décision a pour valeur principale de sécuriser la position du mandataire judiciaire dans les procédures dénuées d’actif. En reconnaissant automatiquement le droit à indemnité dès la constatation de l’impécuniosité, elle garantit une rémunération minimale pour son travail. Cela est crucial pour inciter les professionnels à accepter de telles missions et pour assurer le bon déroulement des liquidations, même sans perspective de recouvrement. Le fonds d’indemnisation, évoqué dans le jugement, constitue ainsi un pilier pratique du système, évitant que les frais de la procédure ne restent impayés.

La confirmation du régime de la liquidation simplifiée
La portée de ce jugement s’inscrit également dans le cadre spécifique de la liquidation judiciaire simplifiée. Cette procédure, ouverte lorsque l’actif du débiteur personne physique ne comprend pas de bien immobilier, trouve ici une application concrète. La Cour d’appel de Dijon a rappelé que « l’insaisissabilité de droit de la résidence principale ne peut faire obstacle à l’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée » (Cour d’appel de Dijon, le 6 mars 2025, n°24/01332). Le présent jugement en est le prolongement logique, traitant de la phase ultime de clôture pour insuffisance d’actif et de ses conséquences financières pour le liquidateur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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