Tribunal de commerce de Valenciennes, le 3 novembre 2025, n°2025005081

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, le 3 novembre 2025, statue sur une requête en prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le liquidateur justifie sa demande par des procédures en cours empêchant une clôture dans les délais. Le juge-commissaire émet un rapport favorable. Le tribunal fait droit à la requête et proroge le délai jusqu’au 3 novembre 2027, appliquant l’article L.643-9 du code de commerce.

Les conditions de la prorogation du délai de clôture

Le cadre légal de la prorogation

Le tribunal fonde sa décision sur le respect strict des conditions légales prévues par le code de commerce. La requête du liquidateur démontre l’impossibilité de clore la procédure dans le délai initial. « il résulte de la requête du liquidateur judiciaire que les procédures en cours et à engager ne permettent pas de prononcer la clôture de cette procédure dans les délais initialement fixés » (Motifs). Le juge vérifie que la demande entre dans le champ d’application de la loi. « la requête du liquidateur entre dans les prévisions de l’article L.643-9 du code de commerce » (Motifs). Cette vérification préalable est une garantie essentielle contre les prorogations abusives.

La motivation nécessaire de la décision

La décision de proroger doit être spécialement motivée, comme l’exige la jurisprudence. Le tribunal motive son jugement par la nature des opérations de liquidation restant à accomplir. Cette exigence est rappelée par d’autres décisions traitant de situations similaires. « Le tribunal peut, par un jugement spécialement motivé, proroger la procédure pour une durée qui ne peut excéder trois mois » (Cour d’appel de appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00702). La motivation constitue ainsi le fondement du contrôle judiciaire et assure la sécurité juridique de la mesure.

La portée pratique de la décision rendue

Une durée de prorogation adaptée aux besoins

Le tribunal accorde une prorogation de deux ans, une durée notable qui dépasse le cadre habituel. Cette période longue reflète la complexité des opérations liquidatives encore nécessaires. Elle contraste avec les prorogations de trois mois souvent accordées dans des liquidations plus avancées. « la poursuite des opérations de liquidation justifie qu’en application de l’article du code de commerce susvisé le délai d’examen de la clôture de la procédure collective soit prorogé d’une durée de 3 mois » (Cour d’appel de appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). La décision montre la flexibilité du juge pour s’adapter aux circonstances de l’espèce.

Les garanties procédurales entourant la mesure

La décision intervient dans le respect des droits de la défense et des exigences de contradiction. Le représentant légal a été régulièrement convoqué, bien qu’absent à l’audience. Le ministère public a été avisé de la requête et de la date d’audience. « la requête du liquidateur et la date d’audience ont été communiquées à Madame le procureur de la République » (Motifs). Le tribunal statue après avoir entendu les parties présentes et sur le fondement d’un rapport du juge-commissaire. Ces éléments confèrent une légitimité incontestable à la prorogation accordée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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