Tribunal de commerce de Valenciennes, le 3 novembre 2025, n°2025005007

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, le 3 novembre 2025, statue sur une requête en prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. La procédure, ouverte en 2021 puis convertie, voit son liquidateur solliciter une prolongation. Le tribunal, après rapport du juge-commissaire, fait droit à cette demande et proroge le délai d’examen jusqu’au 3 novembre 2026, invoquant l’article L.643-9 du code de commerce.

Le cadre légal de la prorogation du délai de clôture

Les conditions de fond de la prorogation

Le juge exige une motivation spécifique liée à l’impossibilité de clore la procédure. La décision constate que les opérations en cours justifient le report. « Il résulte de la requête du liquidateur judiciaire que les procédures en cours et à engager ne permettent pas de prononcer la clôture » (Motifs). Cette appréciation souveraine s’appuie sur l’existence d’actions à poursuivre pour l’apurement du passif.

Les conditions de forme de la prorogation

La régularité procédurale est strictement encadrée par la loi. La décision mentionne le rapport du juge-commissaire et l’avis donné au ministère public. « La cause communiquée à Madame le procureur de la République, laquelle a été avisée de la date d’audience » (Motifs). Cette communication garantit le respect du contradictoire et des droits des parties concernées par la prolongation.

La portée pratique de la décision rendue

Une gestion pragmatique des liquidations complexes

La prorogation permet d’achever des actes nécessaires à la réalisation de l’actif. Elle évite une clôture prématurée qui nuirait aux créanciers. Une jurisprudence similaire souligne que « la poursuite des opérations de liquidation justifie… la prorogation » (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). Le juge adapte ainsi les délais à la réalité économique du dossier.

Une sécurité juridique préservée par la motivation

La décision spécialement motivée limite l’arbitraire et permet le contrôle. Le délai fixé, ici d’un an, doit être proportionné aux besoins identifiés. Une autre décision rappelle que « le tribunal peut proroger le terme par une décision motivée » (Cour d’appel de Toulouse, le 18 février 2025, n°24/00690). Ce formalisme assure la transparence et la légalité de la mesure exceptionnelle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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