Tribunal de commerce de Valenciennes, le 17 novembre 2025, n°2025006009

Le tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le 17 novembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société exploitant un café-brasserie a déclaré être en cessation des paiements depuis le 1er octobre 2025. Le tribunal constate son impossibilité de faire face à un passif exigible de 105 300 euros avec son actif disponible. Il estime néanmoins que l’entreprise est susceptible de présenter un plan de redressement. La décision ordonne l’ouverture de la procédure et fixe une période d’observation de six mois.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La vérification du critère légal par le juge. Le tribunal fonde sa décision sur une appréciation concrète de la situation financière. Il relève spécifiquement l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. « Il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que la SARL COCADE RESTAURATION se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible de 105 300 euros avec son actif disponible » (Motifs). Cette vérification est essentielle pour ouvrir toute procédure collective. Elle implique une comparaison entre l’actif liquide ou mobilisable et les dettes exigibles.

La portée d’une appréciation souveraine des éléments de preuve. Le juge se base sur les déclarations et les pièces produites pour établir cet état. Il ne se contente pas de la déclaration du débiteur mais procède à sa propre vérification. Cette approche rejoint celle d’autres juridictions qui exigent des éléments probants. La Cour d’appel de Paris a ainsi souligné l’importance de justifier de l’insuffisance de l’actif. « En contrepoint, la société […] ne justifie d’aucun actif disponible suffisant pouvant faire face à ce passif exigible » (Cour d’appel de Paris, le 3 avril 2025, n°24/16725). Le jugement valenciennois s’inscrit dans cette exigence de motivation.

Les conditions ouvrant la procédure de redressement judiciaire

La présomption de redressement justifiant l’ouverture. Le tribunal retient que l’entreprise est susceptible de présenter un plan. « Il ressort de la déclaration de cessation des paiements et des explications données en chambre du conseil que SARL COCADE RESTAURATION est susceptible de présenter un plan de redressement » (Motifs). Ce pronostic positif est une condition sine qua non du redressement par opposition à la liquidation. Il permet d’engager une période d’observation pour étudier les possibilités de continuation.

Les mesures immédiates d’organisation de la procédure. La décision met en place le cadre légal pour la période d’observation. Elle nomme les organes de la procédure et fixe des délais stricts. Le tribunal ordonne notamment un premier rapport sur les capacités financières. Ce rapport doit déterminer si la poursuite d’activité est possible à court terme. Cette étape est cruciale pour vérifier la viabilité du pronostic initial de redressement. La Cour d’appel de Chambéry a rappelé que l’absence de trésorerie suffisante caractérise la cessation. « Il est ainsi conclu que la société […] ne dispose pas de la trésorerie et de perspectives d’encaissement lui permettant de régler l’intégralité dudit passif » (Cour d’appel de Chambéry, le 4 mars 2025, n°24/00861). Le jugement organise donc le contrôle de cette capacité de poursuite.

Ce jugement illustre l’application rigoureuse des conditions d’ouverture du redressement judiciaire. Il démontre que la constatation de la cessation des paiements doit être étayée par des éléments probants. Le pronostic de redressement, même succinctement motivé, ouvre une phase d’investigation. La période d’observation permettra de confirmer ou d’infirmer les perspectives de continuation. Cette décision de première instance met en œuvre le dispositif protecteur destiné à préserver l’activité et l’emploi.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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