Tribunal de commerce de Valenciennes, le 17 novembre 2025, n°2025006003

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le 17 novembre 2025, a ouvert une liquidation judiciaire simplifiée le 7 avril 2025. La procédure a été clôturée pour insuffisance d’actif par un jugement du 22 septembre 2025. Le liquidateur judiciaire a déposé son compte rendu de fin de mission et a sollicité une indemnité au titre de l’impécuniosité de la procédure. Le tribunal a dû se prononcer sur le bien-fondé de cette demande d’indemnisation. Il a accueilli la requête du liquidateur et fixé l’indemnité à 1500 euros, à verser par le fonds d’indemnisation.

La consécration du droit à indemnité du liquidateur en cas d’impécuniosité

Le tribunal valide le principe de l’indemnisation du mandataire judiciaire lorsque la procédure est dépourvue d’actifs. Il constate que le compte rendu de fin de mission démontre l’impécuniosité de la procédure. Cette situation ouvre droit au liquidateur à une indemnité fixée par les articles L.663-3, R.663-41 et 48 du code de commerce. Le juge applique strictement le dispositif légal prévu pour les procédures sans ressources. La décision rappelle ainsi le mécanisme de protection des mandataires face aux liquidations déficitaires. Elle garantit la rémunération de leur travail technique malgré l’absence de biens à réaliser.

La fixation forfaitaire de l’indemnité et son mode de financement

Le montant de l’indemnité est déterminé de manière forfaitaire par le tribunal sans débat contradictoire. Le tribunal « FIXE à la somme de 1500 euros (non soumise à TVA), le montant de l’indemnité » (Jugement du 17/11/2025). Cette somme sera prélevée sur le fonds public géré par la Caisse des Dépôts. Le jugement précise que les dépens seront recouvrés sur le Trésor Public par application de l’article L.663-1. Ce système sécurise le paiement sans peser sur les créanciers ou le débiteur. Il assure une exécution effective de la décision malgré la clôture de la procédure collective.

La portée de la décision est pratique et sécurise l’administration des procédures vides. Elle confirme l’application automatique du régime d’indemnisation dès la constatation de l’impécuniosité. La référence aux articles L.663-3 et R.663-41 et 48 du code de commerce en fait une application jurisprudentielle standard. La solution aligne la pratique du tribunal sur le fondement légal existant. Elle évite toute discussion sur le mérite de la demande lorsque les conditions sont remplies. Cette approche favorise une gestion efficace et prévisible des liquidations sans actif.

La valeur de l’arrêt réside dans sa clarté procédurale et son effectivité. Le recours au fonds d’indemnisation public garantit le versement effectif de l’indemnité. La décision « ORDONNE l’exécution provisoire » (Jugement du 17/11/2025), accélérant la prise en charge. Elle distingue le sort du liquidateur de celui des créanciers, qui ne peuvent plus agir. En effet, « lorsque la poursuite des opérations de liquidation judiciaire est rendue impossible en raison de l’insuffisance de l’actif, la clôture de la liquidation judiciaire est prononcée » (Cour d’appel de Grenoble, le 6 février 2025, n°24/02811). Le jugement assure ainsi une juste rémunération du mandataire malgré l’échec de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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