Tribunal de commerce de Valenciennes, le 10 novembre 2025, n°2025005799

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le 10 novembre 2025, se prononce sur une requête en indemnité pour procédure impécunieuse. Le liquidateur judiciaire sollicite une indemnité après la clôture pour insuffisance d’actif d’une liquidation simplifiée. Le tribunal, après examen du compte rendu de fin de mission, déclare la procédure impécunieuse. Il fixe l’indemnité du liquidateur à mille cinq cents euros, prélevée sur le fonds d’indemnisation géré par la Caisse des Dépôts.

Le régime de l’impécuniosité procédurale

Les conditions de la déclaration d’impécuniosité

Le juge constate l’impécuniosité sur le fondement du compte rendu de fin de mission du liquidateur. Ce document atteste de l’absence d’actif suffisant pour couvrir les frais de la procédure. La décision s’appuie expressément sur les articles L.663-3 et R.663-41 et 48 du code de commerce. Elle illustre ainsi le contrôle a posteriori exercé par le juge sur la réalité de la situation financière. La clôture pour insuffisance d’actif, prononcée antérieurement, constitue un indice déterminant de cette impécuniosité.

La portée de cette constatation est immédiate et pratique. Elle ouvre droit au liquidateur à une indemnité forfaitaire spécifique. Le tribunal statue « en raison de la situation impécunieuse de la procédure » selon les termes mêmes du jugement. Cette approche objective, fondée sur les écrits du mandataire, sécurise le traitement des procédures déficitaires. Elle évite toute contestation ultérieure sur le droit à indemnisation dès lors que les conditions légales sont remplies.

Les effets de la déclaration d’impécuniosité

La fixation et le financement de l’indemnité

Le tribunal fixe le montant de l’indemnité à la somme de mille cinq cents euros hors taxe. Ce forfait est directement prélevé sur le fonds d’indemnisation des procédures impécunieuses. Le jugement précise que cette somme « sera versée au liquidateur par prélèvement sur le fonds d’indemnisation ». Ce mécanisme garantit le paiement du mandataire malgré l’absence totale d’actif dans la procédure. Il constitue une garantie essentielle pour l’exercice de la mission de liquidateur.

La valeur de ce dispositif est de préserver l’efficacité et l’attractivité des mandats judiciaires. Les dépens du jugement sont également traités comme frais privilégiés. Ils sont « recouvrés sur le Trésor Public par application de l’article L.663-1 du code de commerce ». Cette prise en charge par la collectivité assure la complète exécution de la décision. Elle souligne le caractère d’ordre public de l’indemnisation des acteurs de la procédure collective.

La portée générale de la solution

Cette décision rappelle les principes stricts encadrant la fin des procédures sans actif. Elle opère une distinction nette entre la clôture pour insuffisance d’actif et la constatation d’impécuniosité. La première met fin à la procédure, tandis que la seconde en assure les conséquences financières pour le mandataire. Le tribunal valide ainsi une approche en deux temps, sécurisant les droits de chaque partie.

La solution s’inscrit en cohérence avec la jurisprudence des cours d’appel sur les conditions de clôture. Elle rejoint les exigences dégagées concernant l’insuffisance de l’actif. Une décision antérieure rappelle que la clôture intervient « lorsque la poursuite des opérations de liquidation judiciaire est rendue impossible en raison de l’insuffisance de l’actif » (Cour d’appel de appel de Toulouse, le 1 avril 2025, n°24/00950). Le présent jugement en est l’application concrète pour le régime simplifié.

En définitive, ce jugement illustre le traitement pragmatique des liquidations sans ressources. Il assure une indemnisation certaine du liquidateur grâce au fonds public dédié. Cette sécurité juridique et financière est indispensable au bon fonctionnement des procédures collectives. Elle permet la clôture définitive des dossiers tout en respectant les droits des auxiliaires de justice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture