Tribunal de commerce de Valenciennes, le 10 novembre 2025, n°2025005775

Le Tribunal de commerce de Valenciennes, le 10 novembre 2025, statue sur une requête en indemnité pour procédure impécunieuse. Le liquidateur d’une société en liquidation judiciaire simplifiée clôturée pour insuffisance d’actif sollicite le bénéfice de cette indemnité. Le tribunal, après examen du compte rendu de fin de mission, déclare la procédure impécunieuse et fixe l’indemnité à mille cinq cents euros. Cette décision illustre le régime de l’indemnité forfaitaire due aux mandataires judiciaires dans les procédures sans actif.

Le cadre légal de l’indemnité pour procédure impécunieuse
Les conditions d’ouverture du droit à indemnité
Le jugement rappelle que l’impécuniosité de la procédure ouvre droit au liquidateur à une indemnité. Cette indemnité est expressément prévue par les articles L.663-3, R.663-41 et 48 du code de commerce. La constatation de cette situation résulte directement de l’examen du compte rendu de fin de mission établi par le mandataire. Le tribunal vérifie ainsi le strict respect des conditions légales avant d’allouer l’indemnité forfaitaire.

La fixation et le financement de l’indemnité allouée
Le montant de l’indemnité est fixé forfaitairement par la loi à la somme de mille cinq cents euros. Le tribunal précise que cette somme n’est pas soumise à la taxe sur la valeur ajoutée. Son versement est assuré par prélèvement sur un fonds spécial géré par la Caisse des Dépôts. Ce mécanisme garantit le paiement du mandataire même en l’absence totale d’actif dans la procédure.

La portée pratique de la décision
La sécurisation de la mission du mandataire judiciaire
Cette décision assure une rémunération minimale au liquidateur malgré l’insuffisance d’actif. Elle constitue une garantie essentielle pour l’exercice de sa mission dans des procédures économiquement délicates. Le fonds d’indemnisation public évite que la charge financière ne pèse sur les créanciers ou le débiteur. Ce système encourage l’acceptation de missions dans des dossiers complexes sans perspective de rémunération sur l’actif.

Les limites du dispositif face aux biens insaisissables
La solution adoptée contraste avec le sort des biens insaisissables du débiteur. En effet, une jurisprudence récente rappelle que « l’immeuble insaisissable de plein droit appartenant à un débiteur en liquidation judiciaire n’entrant pas dans le gage commun de ses créanciers, le liquidateur n’est pas investi par l’effet du jugement d’ouverture du pouvoir d’accomplir les actes de disposition et d’administration sur ce bien » (Cass. Chambre commerciale financière et économique, le 30 avril 2025, n°24-10.680). Le liquidateur ne peut agir sur ces biens ni percevoir les indemnités y afférentes. L’indemnité forfaitaire pour impécuniosité compense partiellement cette exclusion tout en maintenant une distinction nette entre les biens entrant dans la procédure et ceux qui en sont exclus.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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