Tribunal de commerce de Tours, le 28 octobre 2025, n°2025006472

Le Tribunal de commerce de Tours, statuant le 28 octobre 2025, prononce la liquidation judiciaire simplifiée d’une société. Après l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire en avril 2025, le mandataire judiciaire sollicite la conversion. Le juge-commissaire constate l’absence de perspectives de redressement. Le tribunal, saisi sur le fondement de l’article L. 631-15 du code de commerce, met fin à la période d’observation et ouvre la liquidation judiciaire simplifiée.

L’appréciation souveraine de l’impossibilité du redressement

Le contrôle des conditions légales de la conversion

Le tribunal fonde sa décision sur l’échec avéré de la période d’observation. Le juge-commissaire rapporte un résultat d’exploitation déficitaire et des difficultés de trésorerie persistantes. L’activité réelle s’avère inférieure aux prévisions initiales transmises à la juridiction. Le tribunal en déduit que les conditions légales de l’article L. 631-15 sont réunies. Cette analyse vérifie l’impossibilité de proposer une solution de continuation ou de cession.

La portée de l’appréciation des éléments de fait

L’appréciation des juges du fond est souveraine en cette matière. Ils constatent l’absence d’activité résiduelle et d’actifs valorisables permettant une cession. « Il résulte de ces faits que la société n’est pas en capacité de poursuivre son activité pour soutenir un plan de continuation » (Motifs). Cette approche rejoint une jurisprudence constante sur l’exigence de perspectives réalistes. Une cour d’appel a ainsi jugé qu’à défaut de justifier d’une activité procurant des ressources suffisantes, la conversion s’impose. « A défaut de pouvoir justifier de la poursuite de son activité… la confirmation de la décision entreprise s’impose » (Cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 27 février 2025, n°23/15536). Le présent jugement s’inscrit dans cette ligne.

Les conséquences procédurales de la liquidation simplifiée

Le prononcé et l’organisation de la liquidation

La décision entraîne des modalités spécifiques prévues pour les petites entreprises. Le tribunal ordonne l’application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée. Il nomme le mandataire judiciaire en qualité de liquidateur et fixe un délai de clôture. « Ordonne l’application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée (clôture 12 mois) » (Dispositif). Cette procédure accélérée est adaptée à l’absence d’actifs complexes. Le liquidateur est immédiatement autorisé à vendre les biens mobiliers aux enchères publiques. Le tribunal anticipe également l’examen de la clôture dans un délai d’un an.

La valeur d’un cadre procédural rationalisé

Ce jugement illustre l’application pratique du régime de liquidation simplifiée. Il permet une gestion efficace et rapide des procédures sans perspective. Le tribunal fixe dès le prononcé la date d’audience pour examiner la clôture. Cette prévision renforce la sécurité juridique et la célérité de la procédure. Le choix de ce régime est cohérent avec l’absence d’actifs significatifs constatée. Il vise à limiter les coûts de la liquidation pour une meilleure réalisation de l’actif. Cette décision démontre l’articulation entre l’échec du redressement et un dispositif de clôture adapté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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