Tribunal de commerce de Sedan, le 13 novembre 2025, n°2025002407

Le tribunal de commerce de Sedan, statuant le 13 novembre 2025, ouvre une procédure de liquidation judiciaire simplifiée. La société, commerciale, a déclaré être en cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité de faire face au passif exigible avec un actif disponible nul. Il retient également que tout redressement est irrémédiablement compromis. La solution est donc l’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée, conformément aux articles L. 640-2 et R. 641-10 du code de commerce.

Les conditions légales de l’ouverture de la liquidation judiciaire

Le constat de l’état de cessation des paiements. Le tribunal fonde sa décision sur un bilan financier précis et incontesté. Il relève que le passif exigible s’élève à 43 101,82 euros tandis que l’actif disponible est de 0 euro. Cette situation objective caractérise l’état de cessation des paiements défini par l’article L. 631-1 du code de commerce. La motivation du jugement est ainsi individualisée et concrète, satisfaisant aux exigences jurisprudentielles. « Cette motivation qui ne constitue pas une motivation type mais qui est individualisée au cas d’espèce satisfait aux exigences des dispositions précitées et caractérise l’état de cessation des paiements » (Cour d’appel de Grenoble, le 6 février 2025, n°24/02921). La portée de ce point est essentielle pour éviter les ouvertures de procédure fondées sur de simples affirmations.

L’appréciation de l’impossibilité manifeste de redressement. Le tribunal ne se contente pas du constat de l’insolvabilité immédiate. Il procède à une prospective sur les chances de survie de l’entreprise. Il estime que « tout redressement apparaît comme irrémédiablement compromis ». Cette appréciation, bien que succincte, est une condition sine qua non pour ouvrir une liquidation judiciaire. « Selon l’article L.640-1 du code de commerce, il est institué une procédure de liquidation judiciaire ouverte à tout débiteur mentionné à l’article L.640-2 en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible » (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). La valeur de cette appréciation réside dans son caractère définitif, scellant le sort de l’entreprise.

Les modalités procédurales de la liquidation judiciaire simplifiée

Le choix du régime de la liquidation simplifiée. Le tribunal retient expressément ce régime en application des articles L. 640-2 et R. 641-10. Ce choix est justifié par deux critères cumulatifs énoncés dans les attendus. D’une part, le nombre de salariés de l’entreprise est pris en compte. D’autre part, l’absence de tout élément d’actif immeuble est déterminante. Le sens de cette qualification est de permettre une procédure accélérée et allégée. Sa portée pratique est considérable, visant une clôture rapide dans un délai maximal de six mois, comme fixé par le jugement.

L’organisation et le calendrier de la procédure. Le jugement détaille avec précision les premières étapes de la liquidation. Il nomme les organes de la procédure, juge-commissaire et liquidateur. Il fixe la date de cessation des paiements et ordonne un inventaire sous huit jours. Un délai de cinq mois est imparti pour l’établissement de la liste des créances. La valeur de ces mesures réside dans leur caractère impératif et séquentiel. Elles encadrent strictement l’action du liquidateur pour une gestion efficace et transparente de la faillite.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture