Tribunal de commerce de Roanne, le 5 novembre 2025, n°2025L00331

Le Tribunal de commerce de Roanne, le 5 novembre 2025, se prononce dans une procédure de liquidation judiciaire. Le liquidateur sollicite un report du délai de clôture en raison de poursuites en cours. Le tribunal, statuant sur le fondement de l’article L.643-9 du code de commerce, proroge le délai jusqu’au 10 novembre 2026. Il impose également au mandataire un devoir d’information régulier envers le juge commissaire.

Le cadre légal de la prorogation du délai de clôture

Les conditions de la prorogation. Le tribunal fonde sa décision sur l’article L.643-9 du code de commerce. Ce texte prévoit que le tribunal fixe initialement un délai pour examiner la clôture. Il dispose ensuite du pouvoir de proroger ce terme par une décision spécialement motivée. La motivation retenue ici est l’existence d’une demande de sanctions en cours, justifiant la prolongation des opérations de liquidation.

La portée de ce pouvoir d’appréciation. Cette décision illustre la marge de manœuvre laissée au juge pour adapter les délais procéduraux. Elle reconnaît que certaines diligences, comme des actions en sanction, peuvent nécessiter un temps excédant le cadre initial. Le tribunal exerce ainsi un contrôle sur la durée de la procédure, en veillant à ce que le liquidateur puisse mener à bien sa mission. Cette appréciation concrète des nécessités de la liquidation guide l’application du texte.

Les modalités de contrôle de la procédure prolongée

L’instauration d’un suivi renforcé. Le tribunal ne se contente pas de proroger le délai. Il assortit sa décision d’une injonction précise à l’égard du mandataire liquidateur. Celui-ci « devra informer régulièrement le juge commissaire des diligences accomplies ». Cette mesure crée un mécanisme de contrôle continu de l’avancement des opérations. Elle vise à prévenir toute inertie et à garantir une clôture effective dans le nouveau délai imparti.

La valeur de ce suivi comme garantie procédurale. Cette obligation d’information régulière constitue un correctif essentiel à la prolongation de la procédure. Elle permet au juge commissaire de s’assurer de la diligence du mandataire. Elle répond également à l’exigence de célérité inhérente à toute procédure collective. En cela, la décision dépasse la simple gestion du temps pour organiser un pilotage actif de la phase finale de la liquidation. Elle concilie ainsi les impératifs d’efficacité et de contrôle juridictionnel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture