Tribunal de commerce de Pau, le 7 novembre 2025, n°2025003318

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 7 novembre 2025, se prononce sur une requête en prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire simplifiée. Le liquidateur sollicite une prolongation, invoquant un écart important entre la créance déclarée et un actif nul. Le tribunal, après avoir entendu le ministère public, fait droit à cette demande et prolonge la procédure de six mois. Cette décision illustre l’application pratique des délais encadrant la liquidation simplifiée.

La motivation nécessaire à la prorogation des délais

Le tribunal rappelle le fondement légal de sa compétence pour accorder un report. Il se réfère expressément à l’article L. 644-5 du code de commerce, qui autorise une telle mesure. « le tribunal peut proroger le terme fixé par une décision motivée » (Motifs). Cette exigence de motivation constitue une garantie essentielle contre les prolongations arbitraires. La cour vérifie ainsi la régularité formelle de la demande avant d’examiner son bien-fondé.

La justification du report repose sur l’impossibilité de clôturer les opérations en l’état. Le liquidateur fait valoir des difficultés spécifiques liées à l’examen des créances. « l’écart très important entre la créance déclarée et la l’actif à zéro mérite un examen approfondi » (Motifs). Cette circonstance, jugée suffisamment sérieuse, motive la décision du juge. La prorogation apparaît ainsi conditionnée à l’existence d’obstacles objectifs à une clôture rapide.

La portée pratique du contrôle judiciaire

La décision démontre le pouvoir d’appréciation du tribunal sur la durée de la procédure. Le juge statue après avoir examiné les éléments fournis par le liquidateur et le rapport du juge commissaire. Il retient que les opérations ne peuvent être menées à terme dans le délai initial. Ce contrôle permet d’adapter le cadre procédural aux complexités concrètes du dossier, sans remettre en cause le principe de célérité.

La mesure ordonnée a une portée temporelle précisément définie par la loi. Le tribunal prononce une prolongation de six mois, fixant une nouvelle date d’examen. Cette durée s’inscrit dans le cadre légal, distinct des hypothèses de prorogation plus courte. « Le tribunal peut, par un jugement spécialement motivé, proroger la procédure pour une durée qui ne peut excéder trois mois » (Cour d’appel de appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00702). Le choix du juge consacre une application souple des textes selon les besoins de la liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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