Tribunal de commerce de Pau, le 5 décembre 2025, n°2025003444

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 5 décembre 2025, se prononce sur une requête en prolongation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. La procédure, ouverte par un jugement du 3 juin 2025, a vu son terme initial arriver à échéance. Le liquidateur sollicite une prorogation, invoquant des répartitions restant à effectuer. Le tribunal, après avoir entendu le ministère public et le juge commissaire favorable, fait droit à la demande et prolonge la procédure de trois mois.

Le cadre légal de la prorogation du délai de clôture

Le tribunal fonde sa décision sur l’article L. 643-9 du code de commerce. Ce texte lui confère le pouvoir de proroger le terme initialement fixé pour examiner la clôture. La décision doit être spécialement motivée, comme l’exige la loi. Le juge rappelle ainsi que « le tribunal peut proroger le terme fixé par une décision motivée » (Motifs). Cette exigence de motivation constitue une garantie essentielle contre les prolongations arbitraires. Elle permet de vérifier la réalité des besoins de la liquidation en cours.

La jurisprudence confirme une application stricte de ces conditions procédurales. Une cour d’appel a précisé que « dans le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée » (Cour d’appel de Toulouse, le 18 février 2025, n°24/00690). Le principe est donc l’existence d’un délai impératif, dont la prorogation reste une mesure d’exception. La décision commentée s’inscrit dans ce cadre en exigeant une justification concrète du report.

Les motifs justifiant le report des opérations de liquidation

Le tribunal admet la requête au vu des difficultés exposées par le liquidateur. Celui-ci fait état de l’impossibilité de clore les opérations en l’état. La motivation retenue est que « des répartitions sont à effectuer » (Motifs). Cette circonstance, bien que succinctement décrite, est jugée suffisante pour motiver la prorogation. Elle démontre que l’actif n’est pas encore intégralement réalisé et distribué. Le tribunal vérifie ainsi la légitimité du besoin allégué avant d’accorder un délai supplémentaire.

Cette approche est conforme à l’esprit du texte, qui lie la prorogation à l’impossibilité de clôturer. Une autre jurisprudence rappelle que le tribunal peut « proroger la procédure pour une durée qui ne peut excéder trois mois » par un jugement spécialement motivé (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00702). La décision de Pau respecte scrupuleusement ce plafond temporel. Elle illustre le contrôle exercé par le juge sur la gestion de la procédure par le liquidateur. La durée accordée est proportionnée à l’objectif de finalisation des répartitions.

La portée de cette décision réside dans sa rigueur procédurale. Elle rappelle que la prorogation n’est pas automatique et requiert une motivation sérieuse. Le juge exerce un pouvoir d’appréciation sur les raisons invoquées par le liquidateur. La valeur de l’arrêt tient à son respect des délais et conditions posés par la loi. Il assure ainsi une liquidation efficace tout en protégeant les intérêts des créanciers. Cette décision contribue à la sécurité juridique des procédures collectives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture