Tribunal de commerce de Orléans, le 5 novembre 2025, n°2025005715

Le Tribunal de commerce d’Orléans, par jugement du 5 novembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société, une SCI non immatriculée, a sollicité cette ouverture en déclarant être en cessation des paiements. Le tribunal constate cette impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Il retient donc la date du 1er octobre 2025 comme date de cessation des paiements et ordonne une période d’observation de six mois.

La qualification de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète par le juge.

Le tribunal fonde sa décision sur le constat que la société « n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formulation reprend strictement la définition légale de la cessation des paiements. Elle écarte ainsi toute appréciation subjective pour se fonder sur un critère objectif et chiffrable. La portée de cette qualification est immédiate puisqu’elle conditionne l’ouverture de la procédure collective.

La valeur de cette application réside dans son respect de la lettre de l’article L. 631-1 du code de commerce. Le juge ne se contente pas de l’aveu du débiteur mais procède à une vérification via « les informations recueillies » et « les pièces produites ». Cette rigueur est essentielle pour éviter les ouvertures abusives ou frauduleuses. Elle garantit que la procédure, lourde de conséquences, n’est engagée qu’à bon escient.

Les mesures d’organisation de la procédure

Les dispositions immédiates pour la préservation de l’actif et la conduite de l’instance.

Le jugement ordonne une série de mesures conservatoires et organisationnelles caractéristiques de la phase initiale. Il autorise le maintien d’un seul compte bancaire et fixe une période d’observation de six mois. Le tribunal précise que cette procédure est « destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». Cette finalité triple guide l’ensemble des décisions prises.

La nomination des organes de la procédure et le calendrier établi en matérialisent la portée pratique. Le juge désigne un administrateur judiciaire pour assister le débiteur et un mandataire pour recenser les créances. Un commissaire de justice est chargé de dresser l’inventaire sous quinze jours. Ces mesures visent à figurer l’actif et à préparer un plan de redressement. Le sens est clair : donner une chance à la continuation de l’entreprise dans un cadre strict et contrôlé.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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