Tribunal de commerce de Orléans, le 18 novembre 2025, n°2025005230

Le Tribunal de commerce d’Orléans, statuant le 18 novembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société du secteur du bâtiment. Saisi par un organisme social créancier, le tribunal constate le défaut de comparution du débiteur et l’impuissance des voies d’exécution. Il retient l’état de cessation des paiements et ouvre la procédure en fixant une période d’observation de six mois. La décision illustre le contrôle judiciaire des conditions d’ouverture du redressement et les premières mesures d’administration de la procédure.

La constatation judiciaire de la cessation des paiements

Le juge vérifie le respect des conditions légales d’ouverture. Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour le débiteur d’honorer son passif exigible. Il relève que « le débiteur […] n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible et se trouve en état de cessation des paiements ». Cette constatation est essentielle pour ouvrir la procédure. Elle rappelle que la cessation des paiements constitue le fondement légal du redressement judiciaire. La jurisprudence confirme que « l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire n’est possible que si le débiteur se trouve en état de cessation des paiements » (Cour d’appel, le 23 janvier 2025, n°24/09379). Le tribunal fixe rétroactivement la date de cessation au 18 mai 2024. Cette fixation rétroactive permet de déterminer la période suspecte et sécurise les actes antérieurs.

Les mesures immédiates d’administration de la procédure

Le tribunal organise le cadre procédural initial pour assurer sa bonne marche. Il désigne les organes de la procédure, soit un juge-commissaire et un mandataire judiciaire. Il fixe une période d’observation de six mois pour établir un bilan économique et social. Le tribunal autorise le maintien d’un seul compte bancaire et le maintien provisoire de la rémunération du dirigeant. Ces mesures conservatoires visent à préserver les chances de continuation de l’activité. Le tribunal renvoie l’affaire à une audience ultérieure pour examiner la poursuite de l’observation. Il avertit que « le Tribunal pourra à cette date convertir la procédure de redressement en liquidation judiciaire ». Cette perspective souligne le caractère provisoire de l’ouverture et la nécessité d’une solution viable.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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