Tribunal de commerce de Montpellier, le 10 novembre 2025, n°2025014043

Le Tribunal de commerce de Montpellier, statuant le 10 novembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société requérante est reconnue en état de cessation des paiements depuis le 1er avril 2024. Le tribunal constate également l’impossibilité manifeste de son redressement. Il retient le caractère simplifié de la procédure au regard des critères légaux relatifs à l’actif et à l’effectif. La décision désigne les organes de la procédure et fixe les délais applicables.

La qualification de l’état de cessation des paiements

Le tribunal fonde son analyse sur l’impossibilité de faire face au passif. Il relève que le débiteur ne peut honorer ses dettes exigibles avec son actif disponible. Cette appréciation est effectuée à la date du jugement, conformément à la règle. La cessation des paiements constitue ainsi le fait générateur essentiel de la procédure collective. Sa date est fixée de manière provisoire par le juge au premier avril 2024.

La portée de cette fixation est importante pour la période suspecte. Elle détermine le point de départ de la période de remise en cause des actes. Le tribunal apprécie souverainement cet élément à partir des débats et du dossier. Cette appréciation in concreto est une constante jurisprudentielle. « En tout état de cause, il appartient à la cour d’apprécier l’état de cessation des paiements à la date à laquelle elle statue » (Cour d’appel de appel de Toulouse, le 18 mars 2025, n°24/02016). La décision s’inscrit dans ce cadre d’analyse dynamique.

Le choix de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée

Le tribunal applique le régime simplifié après vérification des conditions légales. L’actif ne comprend pas de bien immobilier et l’effectif salarié est inférieur à cinq. Le chiffre d’affaires hors taxes respecte également le plafond légal de sept cent cinquante mille euros. Ces constatations permettent de qualifier la procédure ouverte. Le prononcé se réfère expressément aux articles L 641-2 et R 641-10 du code de commerce.

La valeur de ce choix réside dans l’adaptation procédurale aux particularités du débiteur. Elle entraîne une simplification des formalités et une célérité accrue. Le liquidateur devra néanmoins mener à bien la réalisation de l’actif. « L’appelante, en produisant le dossier afférent à la vente sur adjudication de l’actif mobilier détenu par la SAS, justifie de la réalisation de cet actif » (Cour d’appel de appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). La mission de liquidation et de répartition demeure ainsi pleine et entière.

Cette décision illustre le contrôle judiciaire des conditions d’ouverture d’une liquidation. Elle rappelle l’appréciation contemporaine de l’état de cessation des paiements. Le recours au dispositif simplifié est conditionné par une vérification stricte. L’efficacité de la procédure dépendra ensuite de l’action diligentée par le liquidateur. Le juge commissaire veillera au respect des délais légaux fixés pour la clôture.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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