Tribunal de commerce de Montpellier, le 10 novembre 2025, n°2025013708

Le Tribunal de commerce de Montpellier, le 10 novembre 2025, se prononce sur une demande d’ouverture de liquidation judiciaire. La société requérante est en cessation des paiements et son redressement est jugé impossible. Le tribunal retient le caractère simplifié de la procédure au regard des critères légaux et prononce la liquidation judiciaire simplifiée.

Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire

Le constat de l’état de cessation des paiements

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif. L’état de cessation des paiements résulte de l’impossibilité dans laquelle se trouve le défendeur de faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible. (Motifs) Cette analyse concrète des éléments d’actif et de passif est essentielle. Elle permet de caractériser l’état de cessation des paiements exigé par la loi, évitant ainsi un constat purement formel.

L’appréciation de l’impossibilité manifeste de redressement

Le jugement constate que le redressement est manifestement impossible sans détailler davantage. Cette appréciation découle implicitement de la situation financière constatée. Selon l’article L.640-1 du code de commerce, il est institué une procédure de liquidation judiciaire ouverte à tout débiteur mentionné à l’article L.640-2 en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible. (Cour d’appel de appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701) La décision montre que ce second critérium peut être déduit de la seule cessation des paiements dans certains cas.

Le choix de la procédure simplifiée

Les critères légaux d’application

Le tribunal vérifie scrupuleusement les conditions posées par le code de commerce. Les articles L 641-2 et R 641-10 du code de commerce disposent que la liquidation judiciaire simplifiée est applicable s’il apparait que l’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier, que le nombre de ses salariés au cours des six derniers mois précédant l’ouverture de la procédure ne dépasse pas le nombre de 5 et que son chiffre d’affaires hors taxes n’est pas supérieur à 750 000 €. (Motifs) Le respect de ces seuils objectifs est impératif. Il justifie le recours à une procédure allégée, adaptée à la modestie des entreprises concernées.

Les conséquences pratiques du prononcé

La décision entraîne la désignation des organes de la procédure et fixe des délais stricts. Elle rappelle notamment l’exécution provisoire de droit et l’affectation des dépens. Cette mise en œuvre rapide est caractéristique des liquidations simplifiées. Elle vise à une gestion efficace et économique de la faillite d’une petite structure, dans l’intérêt des créanciers. La motivation, bien que concise, satisfait aux exigences légales pour ce type de procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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