Tribunal de commerce de Lyon, le 5 novembre 2025, n°2025R01726

Le tribunal des activités économiques de Lyon, statuant en référé le cinq novembre deux mille vingt-cinq, a examiné une demande en paiement provisionnel. La société requérante sollicitait le versement de plusieurs sommes dues au titre d’une créance commerciale. Le défendeur est demeuré absent à l’audience, conduisant à une décision réputée contradictoire. La juridiction a accueilli l’intégralité des demandes, ordonnant le paiement provisionnel, une indemnité forfaitaire, une clause pénale et des frais irrépétibles. Cette ordonnance illustre l’efficacité du référé provisionnel en matière commerciale face à un débiteur défaillant.

L’octroi du provisionnel malgré l’absence de contradiction

La recevabilité du référé malgré la défaillance du débiteur. Le juge a statué sur le fondement des seules pièces produites par le créancier, l’absence de la partie adverse ne faisant pas obstacle à l’examen. Cette solution est classique et assure l’effectivité de la procédure, même en cas de non-comparution. Elle garantit au demandeur diligent un accès au juge sans être pénalisé par le comportement passif de son cocontractant.

Le fondement de la créance considérée comme sérieuse. La juridiction a estimé la demande « règulière, recevable et fondée comme étant conforme aux obligations souscrites ». Cette appréciation sommaire suffit en référé pour accorder un provisionnel. Elle démontre que le juge vérifie rapidement l’existence de l’obligation, sans préjuger du débat au fond. Cette approche concilie célérité et sécurité juridique pour le créancier.

La condamnation aux accessoires de la créance

L’application automatique de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Le tribunal a accordé la somme de trois cent soixante euros prévue par l’article L. 441-10 du code de commerce. Cet accessoire est de droit dès lors que la créance principale est reconnue et qu’une mise en demeure est intervenue. Il constitue une sanction légale du retard de paiement, indépendante de la preuve de frais réels.

La validation et l’exécution de la clause pénale contractuelle. La décision ordonne le paiement de la pénalité car elle « a été convenue entre les parties ». La production du contrat suffit à justifier son octroi, sans discussion sur son caractère éventuellement disproportionné. Cette solution renforce la force obligatoire des conventions et l’effectivité des sanctions contractuelles. Elle rappelle que le juge des référés n’est pas compétent pour modérer une clause pénale en vertu de l’article 1231-5 du code civil.

La portée de cette ordonnance réside dans son caractère complet et exécutoire à titre provisoire. Elle offre au créancier un titre permettant des mesures d’exécution forcée sans attendre un jugement au fond. La décision illustre la rigueur appliquée aux retards de paiement entre professionnels, conformément à l’esprit du code de commerce. Elle sert d’avertissement aux débiteurs négligents, même absents, quant aux conséquences pécuniaires de leur inertie.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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