Tribunal de commerce de Lille-Métropole, le 10 novembre 2025, n°2025025079

Le tribunal de commerce de Lille-Métropole, par jugement du 10 novembre 2025, ouvre une procédure de liquidation judiciaire simplifiée. La société requérante avait régularisé une déclaration de cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité de faire face au passif exigible et prononce la liquidation. Il retient le caractère simplifié de la procédure et fixe la date de cessation des paiements au 30 juin 2025.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal fonde sa décision sur une appréciation concrète de la situation patrimoniale. Il relève l’existence d’un passif exigible échu de quatorze mille six cent quatre-vingt-huit euros. Il constate parallèlement un actif disponible nul, justifiant une insuffisance d’actif. Cette analyse chiffrée permet de caractériser l’état de cessation des paiements de manière objective et individuelle.

La motivation doit être individualisée au cas d’espèce et non constituer une simple formule type. Une jurisprudence rappelle qu’une telle analyse des documents produits établit l’impossibilité de faire face au passif. « Cette motivation qui ne constitue pas une motivation type mais qui est individualisée au cas d’espèce […] satisfait aux exigences des dispositions précitées » (Cour d’appel de Grenoble, le 6 février 2025, n°24/02921). Le jugement commenté respecte cette exigence par son examen précis des éléments financiers.

Les conditions d’application de la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie le respect des critères légaux pour appliquer le régime simplifié. Il relève l’absence de bien immobilier dans l’actif de la société débitrice. Il constate également que le nombre de salariés et le chiffre d’affaires sont inférieurs aux seuils réglementaires. Ces éléments factuels permettent de qualifier la procédure sans ambiguïté.

La liquidation judiciaire simplifiée est une procédure dérogatoire soumise à des conditions strictes. Elle est ouverte lorsque le redressement est manifestement impossible. « Selon l’article L.640-1 du code de commerce, il est institué une procédure de liquidation judiciaire […] en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible » (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). Le tribunal valide cette condition en notant que la poursuite d’activité n’est pas envisageable.

Ce jugement illustre le contrôle rigoureux des conditions d’ouverture d’une liquidation simplifiée. Il exige une motivation précise et chiffrée de l’état de cessation des paiements. La décision assure ainsi une application sécurisée du droit des entreprises en difficulté. Elle garantit le respect des droits des créanciers tout en permettant une procédure accélérée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture