Tribunal de commerce de Grenoble, le 19 novembre 2025, n°2025F02347

Le tribunal de commerce de Grenoble, statuant le 19 novembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La procédure fait suite à la déclaration de cessation des paiements d’une société commerciale. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de redressement après audition de son dirigeant. Il applique le régime simplifié en raison des faibles effectifs et du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Les conditions d’application du régime simplifié

Le tribunal vérifie scrupuleusement les critères légaux prévus pour ce type de procédure. Le débiteur expose que l’entreprise ne dispose d’aucun actif immobilier. Il précise aussi qu’elle n’a jamais employé plus de un salarié récemment. Son chiffre d’affaires n’a pas excédé trois cent mille euros dans les six derniers mois. Ces éléments permettent de qualifier la situation au regard des textes applicables.

La décision s’appuie ainsi sur une appréciation concrète des seuils prévus par la loi. Le juge fonde son choix sur les déclarations du dirigeant entendu en chambre du conseil. Cette vérification est essentielle pour déterminer la procédure adaptée à l’entreprise. Elle garantit le respect du principe de proportionnalité des mesures prises. Le régime simplifié apparaît alors comme la conséquence logique de cette analyse.

Les modalités pratiques de la liquidation prononcée

Le jugement organise les premières étapes de la procédure et en fixe le calendrier. Il désigne les auxiliaires de justice, dont un liquidateur judiciaire et un juge-commissaire. Le tribunal missionne également un commissaire de justice pour réaliser l’inventaire des biens. Il invite les salariés à élire leur représentant dans un délai de dix jours. Ces nominations sont indispensables au bon déroulement de la liquidation.

Le tribunal impose un délai strict pour l’établissement de l’état des créances. Il fixe à cinq mois à compter du présent jugement le délai dans lequel le liquidateur devra établir la liste des créances. Cette mesure rejoint la solution d’une autre juridiction récente. En l’espèce, c’est une procédure de liquidation judiciaire simplifiée qui a été ouverte au terme du jugement rendu le 23 mai 2023 avec un délai de cinq mois accordés au liquidateur pour le dépôt de l’état des créances complété du projet de répartition. (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701) La cohérence des pratiques judiciaires en est ainsi renforcée.

La décision illustre le contrôle exercé par le juge sur le choix de la procédure. Elle rappelle l’importance du respect des conditions légales pour prononcer une liquidation simplifiée. Une application erronée de ce régime peut en effet être censurée. En conséquence, le tribunal de commerce a prononcé à tort la liquidation judiciaire simplifiée de M. [I] [Z] et de l’E.I.R.L. [Z] [I] et le jugement sera infirmé sur ce point. (Cour d’appel de Montpellier, le 21 janvier 2025, n°24/03483) Le jugement commenté évite cet écueil par une motivation précise.

Ce jugement démontre enfin l’efficacité procédurale recherchée par le législateur. Le cadre rigoureux posé vise à accélérer le traitement des dossiers les plus simples. La fixation de délais impératifs pour le liquidateur en est une manifestation claire. L’objectif est une clôture rapide pour les entreprises sans activité ni actif significatif. Cette décision s’inscrit dans la logique de célérité propre au livre VI du code de commerce.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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