Tribunal de commerce de Gap, le 24 novembre 2025, n°2025F00499

Le tribunal de commerce de Gap, statuant par jugement du vingt-quatre novembre deux mille vingt-cinq, a été saisi d’office. Il s’agissait de rectifier une erreur matérielle affectant un jugement antérieur du même tribunal. La juridiction a appliqué les articles 462 et 463 du code de procédure civile pour corriger la désignation erronée d’un commissaire de justice. Le tribunal a donc ordonné la rectification de cette erreur manifeste dans le dispositif de sa précédente décision.

Le pouvoir de rectification d’office
La saisine du juge pour corriger une erreur matérielle peut intervenir à son initiative propre. Le tribunal rappelle qu’il s’est saisi en application des dispositions des articles 462 et 463 du code de procédure civile. Cette compétence procède d’un pouvoir général reconnu au juge. « Le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, ou par requête commune. Il peut aussi se saisir d’office. » (Cour d’appel, le 9 janvier 2025, n°24/14930). La saisine d’office constitue ainsi un mode légal de déclenchement de la procédure de rectification.

La nature de l’erreur rectifiable
L’erreur corrigée doit être purement matérielle et ne pas affecter le fond du débat. En l’espèce, le jugement initial désignait une société plutôt qu’une personne physique en tant que commissaire de justice. Le tribunal constate que le dispositif est manifestement entaché d’une erreur matérielle. Cette substitution d’identité ne remettait pas en cause la substance de la décision sur la procédure collective. La rectification vise uniquement à rétablir la désignation exacte de l’auxiliaire de justice initialement choisi.

Portée de la décision
Cette décision confirme l’efficacité du mécanisme de rectification des erreurs matérielles. Elle permet d’assurer la sécurité juridique et l’exactitude des actes de procédure sans rouvrir le débat au fond. La mention de la rectification sur la minute et les expéditions garantit la cohérence du dossier. L’intervention d’office du juge démontre également son rôle actif dans la bonne administration de la justice.

Valeur de la solution
Le jugement s’inscrit dans une jurisprudence constante sur la rectification d’office. « Le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, ou par requête commune ; il peut aussi se saisir d’office. » (Cour d’appel de Versailles, le 10 avril 2025, n°24/00512). Il rappelle utilement que ce pouvoir peut s’exercer sans requête des parties dès qu’une erreur manifeste est identifiée. Cette solution préserve l’autorité de la chose jugée tout en en corrigeant les imperfections formelles.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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