Tribunal de commerce de Douai, le 12 novembre 2025, n°2025001479

Le tribunal de commerce de Douai, le 12 novembre 2025, statue sur le renouvellement de la période d’observation d’une procédure de redressement judiciaire. Le débiteur, dont l’épouse est gravement malade, tente de vendre un immeuble pour assainir sa situation. Le ministère public requiert une prorogation exceptionnelle, que le tribunal accorde pour six mois supplémentaires.

Les conditions légales d’une poursuite d’activité

Le maintien de l’activité est subordonné à des exigences précises. La jurisprudence rappelle que cette poursuite suppose l’absence de nouvelles dettes et un plan de redressement non illusoire. « La poursuite d’activité pendant la période d’observation suppose que le débiteur ne crée pas de nouvelles dettes, qu’il poursuive effectivement son activité et que la présentation d’un plan ne soit pas illusoire » (Cour d’appel de appel de Riom, le 5 février 2025, n°24/01194). Le jugement vérifie scrupuleusement ces critères avant de se prononcer.

Le tribunal constate ainsi l’absence de dettes postérieures au jugement d’ouverture. Il relève également que la trésorerie permet de faire face aux charges courantes. La volonté de vendre un actif immobilier, bien que difficile, démontre une tentative de restructuration. Ces éléments réunis justifient la décision de maintenir l’activité professionnelle du débiteur.

Le renouvellement exceptionnel de l’observation

Le cadre légal autorise une prolongation dérogatoire de la période d’observation. Le texte prévoit une durée maximale et une demande émanant du ministère public. « Aux termes de l’article L. 631-7 du code de commerce, la durée maximale de la période d’observation peut être exceptionnellement prolongée à la demande du procureur de la République par décision spécialement motivée du tribunal pour une durée maximale de six mois » (Cour d’appel de appel de Paris, le 18 février 2025, n°24/13320). La présente décision s’inscrit dans ce cadre strict.

La motivation du tribunal repose sur des circonstances à la fois économiques et personnelles. L’échec de la première vente immobilière nécessite une nouvelle stratégie commerciale. La maladie grave de l’épouse du débiteur constitue un élément humanitaire pris en compte. Ces facteurs combinés fondent la décision spécialement motivée de proroger l’observation.

La portée de cette décision est double. Elle confirme la rigueur des conditions pour prolonger une période d’observation. Elle illustre aussi la prise en compte de circonstances personnelles graves par le juge. Le droit des entreprises intègre ainsi une dimension humaine dans l’appréciation des difficultés.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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