Tribunal de commerce de commerce de Dijon, le 9 juillet 2025, n°2023006517

La chambre commerciale du tribunal de commerce de Dijon, statuant le 9 juillet 2025, prononce la clôture d’une liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif. Elle rappelle les conséquences de cette clôture sur les droits des créanciers, en application de l’article L. 643-11 du code de commerce. La décision illustre le régime juridique strict de l’extinction des poursuites individuelles après une telle clôture.

La caractérisation légale de l’insuffisance d’actif

La qualification retenue par le tribunal repose sur une définition légale précise. L’article R. 643-16 du code de commerce dispose que « L’insuffisance d’actif est caractérisée lorsque le produit de la réalisation des actifs du débiteur et des actions et procédures engagées dans l’intérêt de l’entreprise ou des créanciers ne permet plus de désintéresser, même partiellement, les créanciers. » Le juge constate simplement la réalité économique découlant des opérations de liquidation. Cette approche objective écarte toute appréciation discrétionnaire sur la suffisance des actifs. La portée de cette qualification est décisive pour la suite de la procédure et le sort des créanciers.

Les effets de la clôture sur les actions individuelles

Le jugement détaille les conséquences de la clôture sur le droit de poursuite des créanciers. Il énonce qu’en « application de l’article L 643-11 du Code de commerce, les créanciers dont la créance est antérieure à l’ouverture de la procédure, ne recouvrent pas leur droit de poursuite individuelle ». Ce principe général de blocage des actions individuelles vise à acter l’extinction définitive du passif. La solution consacre la philosophie du droit des procédures collectives, qui est de traiter les créanciers de manière collective et égalitaire. Elle met un terme définitif aux obligations du débiteur pour les dettes antérieures.

Les exceptions légales au principe d’extinction

Le tribunal énumère cependant les trois cas où les créanciers retrouvent leur droit d’agir. Ces exceptions concernent la faillite personnelle, la banqueroute ou une précédente liquidation clôturée pour insuffisance d’actif dans un délai de cinq ans. Cette énumération est limitative et d’interprétation stricte, comme le confirme la jurisprudence. La Cour de cassation rappelle que « le jugement de clôture de liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif ne fait pas recouvrer aux créanciers l’exercice individuel de leurs actions contre le débiteur, sous réserve des exceptions prévues à ce texte » (Cass. Deuxième chambre civile, le 22 mai 2025, n°22-17.465). La valeur de cette décision réside dans son rappel à la lettre de la loi. Elle écarte toute interprétation extensive des exceptions pouvant rouvrir le droit de poursuite. La portée est donc de garantir la sécurité juridique et la clôture effective de l’insolvabilité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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