Tribunal de commerce de commerce de Briey, le 6 novembre 2025, n°2025J00019

La sanction de la non-comparution et l’office du juge

La régularité de la procédure malgré l’absence
Le jugement est rendu après constatation de la non-comparution de la partie défenderesse. Cette absence ne fait pas obstacle au déroulement de la procédure, qui se poursuit de manière réputée contradictoire. Le tribunal statue donc au vu des seules pièces versées au débat par la partie présente, conformément aux règles de la procédure civile. Cette solution assure l’efficacité de la justice en évitant qu’une partie ne paralyse l’issue du litige par son abstention. Elle garantit cependant les droits de la partie défaillante, qui conserve la possibilité de former un recours.

L’appréciation souveraine des conditions de l’article 700
Le juge use de son pouvoir d’appréciation pour allouer une indemnité au demandeur victorieux. Il motive sa décision en énonçant que « l’équité commande de ne pas laisser à la charge du demandeur les frais irrépétibles non compris dans les dépens » (Motif de la décision). Ce pouvoir discrétionnaire est encadré par le souci d’équité et la prise en compte de la situation économique des parties. La jurisprudence rappelle que cette condamnation n’est pas automatique et doit être justifiée. « Le jugement doit être infirmé en ses dispositions relatives aux dépens et confirmé en ce qu’il a rejeté la demande de la société Orange Bank sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile » (Cour d’appel de appel de Paris, le 6 mars 2025, n°23/15465).

La condamnation pécuniaire et son exécution

Le principe de la condamnation aux frais et dépens
La partie qui succombe est condamnée à supporter l’intégralité des dépens, conformément au principe général énoncé par le code de procédure civile. Le jugement précise que « les dépens sont à la charge de la partie qui succombe, à savoir la société MKR » (Motif de la décision). Cette règle a pour objet de compenser, au moins partiellement, les frais engagés par la partie victorieuse pour faire valoir ses droits. Elle participe à une saine administration de la justice en dissuadant les actions ou les défenses téméraires. La charge des dépens est distincte de l’indemnité forfaitaire de recouvrement et de l’indemnité de l’article 700.

Le maintien systématique de l’exécution provisoire
Le tribunal écarte toute limitation à l’exécution immédiate de sa décision. Il estime qu' »il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire du jugement à intervenir » (Motif de la décision). Cette solution est classique en matière commerciale et vise à assurer l’effectivité pratique de la condamnation pécuniaire prononcée. Elle permet au créancier de ne pas attendre l’issue d’éventuels recours pour obtenir paiement, sous réserve des garanties de restitution. Cette approche favorise la fluidité des relations économiques et la sécurité des transactions, en accord avec la célérité requise en matière commerciale.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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