Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 3 novembre 2025, n°2025010148

Le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 3 novembre 2025, statue sur une demande d’ouverture de liquidation judiciaire. La requérante, non immatriculée, se prétend commerçante de fait en raison de son implication dans une société. Le tribunal, face à des éléments insuffisants, désigne un juge enquêteur. Il renvoie donc sa décision sur l’ouverture de la procédure après une enquête complémentaire.

La qualification incertaine de commerçant de fait

Les conditions légales de la qualité de commerçant

Le tribunal rappelle les textes fondateurs de la compétence en matière collective. Il cite l’article L 621-1 du code de commerce qui définit le commerçant par l’exercice habituel d’actes de commerce. L’article L 621-2 du même code attribue compétence au tribunal de commerce pour les procédures concernant ces professionnels. Le sens de ce rappel est de poser le cadre strict de la recevabilité de la demande. La valeur réside dans l’application littérale des conditions légales prévues par le code. La portée est de souligner que la simple participation à une société ne suffit pas.

L’appréciation restrictive des faits allégués

Le tribunal constate un décalage entre les allégations et la preuve apportée. Il relève que la requérante est gérante et associée d’une société immatriculée. Il estime que ces éléments ne démontrent pas l’exercice personnel d’une profession commerciale habituelle. Le sens est de refuser une assimilation automatique entre qualité de dirigeant et statut de commerçant de fait. La valeur tient à l’exigence d’une preuve concrète d’actes de commerce répétés. La portée est de protéger l’ordre juridique des immatriculations contre des contournements.

La désignation d’un juge enquêteur comme mesure d’instruction

Le pouvoir d’investigation du juge

Face à une incertitude persistante, le tribunal ordonne une mesure d’instruction approfondie. Il invoque le souci d’une bonne administration de la justice pour justifier cette démarche. Il applique les articles L 621-1 et R 621-3 du Code de commerce qui fondent son pouvoir d’enquête. Le sens est de privilégier une décision éclairée après une investigation contradictoire. La valeur est procédurale et confirme le rôle actif du juge dans l’établissement des faits. La portée est de permettre la collecte de tous renseignements nécessaires avant un jugement au fond.

Les conséquences procédurales de la mesure

La décision organise les suites de la procédure de manière précise et encadrée. Le tribunal désigne un magistrat spécifique pour conduire l’enquête dans un délai de deux mois. Il renvoie l’affaire à une audience ultérieure pour statuer sur le fond de la demande. Le sens est de suspendre le prononcé de la liquidation judiciaire jusqu’à la clarification du statut. La valeur pratique est d’éviter une ouverture irrégulière de procédure collective. La portée est de garantir les droits de la requérante tout en préservant les intérêts des créanciers potentiels.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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