Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 13 novembre 2025, n°2025005061

Le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, statuant le 13 novembre 2025, prononce la liquidation judiciaire d’une société exploitant un restaurant. Après une période d’observation ouverte en redressement judiciaire, le mandataire judiciaire sollicite cette liquidation en raison de l’impossibilité manifeste de redressement. Le tribunal retient ce fondement légal et fixe un délai pour l’examen de la clôture de la procédure.

Le prononcé de la liquidation pour impossibilité de redressement

Le constat d’une impossibilité manifeste de sauvegarde

Le tribunal base sa décision sur l’impossibilité avérée d’élaborer un plan de redressement. Les informations recueillies démontrent que cette élaboration « s’avère irréalisable » (Motifs). Cette impossibilité est corroborée par le dirigeant, qui indique ne plus pouvoir poursuivre l’activité. Le juge-commissaire et le ministère public concluent également en ce sens. Le tribunal statue donc sur le fondement légal de l’impossibilité manifeste de redressement prévue par le code de commerce.

La portée de ce constat est immédiate et conduit à une conversion rapide. Il met fin à la période d’observation sans nécessiter de plan. Cette décision protège les créanciers face à une aggravation du passif. Elle acte l’échec définitif de la continuation de l’entreprise. La liquidation devient alors la seule issue possible pour la procédure collective.

Les conséquences procédurales de la conversion

La désignation des organes de la liquidation

Le tribunal organise les suites de la procédure en maintenant le juge-commissaire. Il désigne également le mandataire judiciaire aux fonctions de liquidateur. Cette continuité des acteurs assure une transition efficace entre les deux phases. Elle garantit une bonne connaissance du dossier par les professionnels nommés. La procédure peut ainsi se poursuivre sans délai supplémentaire ni nouvelle learning curve.

La fixation du délai d’examen de la clôture

Le tribunal fixe un cadre temporel précis pour la liquidation en application de l’article L 643-9. Il détermine que « la clôture de la procédure devra être examinée » dans un délai de vingt-quatre mois (Dispositif). Cette fixation est une obligation légale du jugement de liquidation. Elle encadre la durée de la procédure et impose un contrôle futur par le juge. Cette mesure vise à éviter les liquidations judiciaires sans fin.

La valeur de cette décision réside dans son application stricte de l’article L 643-9. Elle rejoint la jurisprudence qui rappelle cette obligation de fixation. « En application de l’article L.643-9 du code de commerce, dans le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée » (Cour d’appel de Grenoble, le 6 février 2025, n°24/02811). Le tribunal respecte ainsi scrupuleusement les dispositions légales. Il offre une sécurité juridique quant au déroulement futur de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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