Tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, le 13 novembre 2025, n°2025006328

Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, statuant le 13 novembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’un entrepreneur individuel exerçant une activité de tatouage. Le dirigeant, en cessation des paiements, a sollicité cette procédure face à des difficultés financières insurmontables. La juridiction se déclare compétente malgré le caractère hybride de l’activité et applique le régime de l’article L. 681-2 II du code de commerce, limitant la liquidation au seul patrimoine professionnel.

La détermination de la compétence juridictionnelle
Le tribunal affirme sa compétence en dépit de la nature artistique partielle de l’activité. Il relève le caractère artisanal prépondérant du métier de tatoueur, justifiant l’application du droit commercial. « Attendu que l’activité de tatoueur de M. [J] présente un caractère hybride à la fois artistique et artisanal. Si le tatoueur fait appel à ses intuitions pour créer et placer ses motifs, il suit également des règles précises d’exécution pour reproduire au besoin des modèles standards. Considérant ce caractère artisanal prépondérant, le tribunal se déclarera compétent. » (Motifs) Cette analyse consacre une approche pragmatique fondée sur la prépondérance des caractéristiques artisanales. Elle évite ainsi les contentieux sur la qualification exacte d’une activité mixte, assurant une sécurité juridique pour les professions créatives réglementées.

La délimitation du périmètre patrimonial concerné
La juridiction opère une distinction nette entre les patrimoines personnel et professionnel du débiteur. Elle constate l’absence de surendettement personnel et limite la procédure au patrimoine affecté à l’activité. « Attendu qu’il résulte de l’analyse des pièces produites par M. [J] que les conditions de surendettement personnel tel que défini à l’article L681-1 2° ne sont pas réunies ; Que la tribunal fera application des dispositions de l’article L681-2 II sur le patrimoine professionnel. » (Motifs) Cette application stricte du texte protège efficacement le patrimoine privé de l’entrepreneur. Elle illustre la mise en œuvre concrète du principe de séparation des patrimoines instauré par la loi, offrant un cadre prévisible aux débiteurs non commerçants.

La sélection d’une procédure simplifiée adaptée
Le tribunal retient la liquidation judiciaire simplifiée en raison de la simplicité du dossier et du faible actif disponible. Il constate le remplissement des conditions légales pour cette procédure accélérée. « Attendu qu’il résulte des informations recueillies au cours de l’audience que l’entreprise dont s’agit remplit les conditions légales afin que la liquidation judiciaire simplifiée soit prononcée (art. D 641-10 alinéa 1 er ). » (Motifs) Ce choix permet une gestion rapide et économique des petites défaillances entrepreneuriales. Il allège la charge administrative pour le tribunal et les mandataires, conformément à l’objectif de célérité des procédures collectives.

Les conséquences pratiques de la décision rendue
Le jugement organise concrètement le déroulement de la procédure en fixant des délais stricts et en désignant les auxiliaires de justice. Il convoque d’ores et déjà l’audience pour examiner la clôture dans un délai de six mois. « VU les dispositions des articles L 644-5 et D 641-10 du code de commerce fixant à six mois au plus tard après le jugement le délai dans lequel la clôture de la procédure doit être examinée » (Dispositif) Cette rigueur procédurale garantit une issue rapide, limitant les incertitudes pour le débiteur et les créanciers. Elle témoigne d’une volonté d’efficacité dans le traitement des dossiers les plus simples, sans sacrifier les droits des parties.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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