Tribunal de commerce de Blois, le 7 novembre 2025, n°2025002347

Le tribunal de commerce de Blois, le 7 novembre 2025, statue sur le sort d’une société en redressement judiciaire. Le mandataire judiciaire relève l’absence d’informations sur l’activité et des prélèvements intégraux des recettes par le dirigeant. La juridiction autorise une seconde période d’observation de six mois. Elle assortit cette décision d’une injonction de produire un compte d’exploitation réel et fixe une audience de rappel.

L’exigence d’une documentation financière fiable

Le contrôle de la réalité de l’activé économique. Le tribunal conditionne la poursuite de l’observation à la transmission d’un compte d’exploitation réel. Cette exigence vise à objectiver la situation de l’entreprise depuis l’ouverture de la procédure. Elle répond aux carences informationnelles constatées par le mandataire judiciaire.

La portée d’une injonction probatoire ciblée. L’injonction est strictement circonscrite à l’exploitation depuis le jugement d’ouverture. Le tribunal écarte explicitement les difficultés antérieures avec le comptable. Cette approche isole la période pertinente pour apprécier la faisabilité d’un redressement.

La gestion des ressources durant l’observation

La suspicion sur l’utilisation des fonds sociaux. La décision relève que l’intégralité des recettes a fait l’objet de prélèvements par le dirigeant. Celui-ci affirme avoir utilisé ces sommes pour régler des charges sociales. Cette contradiction non résolue justifie un contrôle renforcé et une demande de garanties.

Le refus d’une contribution financière immédiate du dirigeant. Le mandataire judiciaire proposait un versement mensuel de mille cinq cents euros. Le dirigeant a déclaré ne pas être en capacité de procéder à ce versement. Le tribunal n’ordonne pas cette mesure, privilégiant d’abord l’obtention d’informations comptables fiables.

La valeur de cette décision réside dans son pragmatisme procédural. Elle rappelle que la période d’observation est un temps d’investigation et de preuve. L’absence de documents fiables peut conduire à la liquidation, comme l’a jugé la Cour d’appel de Toulouse. « La cour constate que la société n’a jamais déposé ses comptes au greffe du tribunal de commerce depuis 2018 » (Cour d’appel de Toulouse, le 18 mars 2025, n°24/02312).

Sa portée est néanmoins limitée par son caractère intermédiaire. Le jugement reporte l’examen du fond à une audience ultérieure, après production des documents. Il laisse en suspens la question centrale de l’impossibilité manifeste de redressement. Une telle impossibilité peut être déduite de l’absence d’activité et de trésorerie. « Il résulte des éléments qui précèdent que M. [I] n’a plus d’activité […] et d’aucune trésorerie » (Cour d’appel de Riom, le 5 février 2025, n°24/01194).

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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