Tribunal de commerce de Bastia, le 17 juillet 2025, n°2025F00583

Le tribunal de commerce de Bastia, statuant le 17 juillet 2025, est saisi d’une demande d’ouverture de liquidation judiciaire. Le débiteur sollicite lui-même cette procédure face à des créances impayées. La juridiction constate l’état de cessation des paiements et prononce la liquidation. Elle fixe également la date de cessation et désigne les organes de la procédure.

La caractérisation de la cessation des paiements

La condition légale du passif exigible et de l’actif disponible

Le tribunal retient l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Cette appréciation concrète est centrale pour prononcer la liquidation. La décision s’appuie sur des créances certaines, liquides et exigibles et des recouvrements infructueux. « Cette situation démontre que la société […] est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). La portée est l’application stricte du critère légal de l’article L. 631-1 du code de commerce.

L’absence de ressources alternatives pour le débiteur

La solution écarte implicitement l’existence de réserves de crédit ou de moratoires. Le débiteur reconnaît son impossibilité de paiement en sollicitant la procédure. La valeur de l’arrêt est de rappeler le caractère subsidiaire de ces éléments. « Il résulte des termes de l’article L. 631-1 du code de commerce qu’est en état de cessation des paiements tout débiteur qui est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et que le débiteur qui établit que les réserves de crédit ou les moratoires dont il bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent de faire face au passif exigible avec son actif disponible n’est pas en cessation des paiements » (Cour d’appel de appel de Paris, le 29 avril 2025, n°24/17702). La portée est un rappel de la condition négative posée par la loi.

Les conséquences procédurales du prononcé

La fixation de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe provisoirement cette date au jour du jugement. Cette détermination est cruciale pour la période suspecte. Elle influence directement les actions en revendication ou en nullité. La valeur réside dans le pouvoir souverain des juges du fond. Le sens est de donner un point de départ certain à l’examen des actes antérieurs.

L’organisation immédiate de la liquidation judiciaire

La décision désigne sans délai le juge commissaire et le liquidateur. Elle ordonne aussi les premières diligences comme l’inventaire. La rapidité de mise en œuvre vise à préserver l’actif pour les créanciers. « En l’espèce, il est établi que […] dispose d’une créance certaine, liquide et exigible » (Cour d’appel de appel de Paris, le 30 janvier 2025, n°24/12829). La portée est d’assurer une administration efficace et contrôlée de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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