Tribunal de commerce de Angoulême, le 4 décembre 2025, n°2025005714

Le tribunal de commerce d’Angoulême, le 4 décembre 2025, prononce la liquidation judiciaire simplifiée d’un agent commercial. Après l’ouverture d’un redressement judiciaire en juin 2025, le débiteur sollicite la conversion en liquidation. Il invoque l’impossibilité de poursuivre son activité et un redressement manifestement impossible. Le tribunal accède à cette demande et applique le régime simplifié au regard des critères légaux.

Les conditions de la conversion en liquidation judiciaire

La décision se fonde sur la demande du débiteur et l’appréciation de son impossibilité de redressement. Le tribunal retient que le débiteur a cessé son activité et que le passif excède l’actif attendu. Il applique strictement le cadre légal de la conversion en cours de période d’observation.

L’appréciation in concreto de l’impossibilité de redressement
Le juge valide la conversion sur la base des déclarations du débiteur et de l’état de son actif. La cessation d’activité et l’insuffisance des ressources futures justifient la décision. Cette analyse concrète rejoint la jurisprudence récente sur le sujet. « L’impossibilité manifeste du débiteur à se redresser s’apprécie in concreto, au cas par cas, au regard de sa situation matérielle et financière globale et de son activité » (Cour d’appel, le 27 février 2025, n°23/15536). La solution insiste sur l’examen personnalisé des circonstances de l’espèce.

Le respect des conditions légales de la conversion
Le tribunal applique les articles L. 631-15 et L. 640-1 du code de commerce. La demande émane du débiteur durant la période d’observation, ce qui est légalement admissible. La solution rappelle que le juge doit vérifier le caractère manifeste de l’impossibilité. La portée de l’arrêt est de confirmer la faculté pour le débiteur d’initier cette conversion.

L’application du régime de la liquidation judiciaire simplifiée

Le tribunal qualifie la procédure de liquidation judiciaire simplifiée après vérification des seuils. L’absence de bien immobilier, le faible passif et l’activité non salariée remplissent les critères. Cette qualification entraîne l’application d’une procédure accélérée et allégée.

La vérification des critères d’application du régime simplifié
Le juge se réfère aux articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce. L’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier et son chiffre d’affaires est inférieur aux seuils. La solution assure une application rigoureuse des conditions d’accès à la procédure simplifiée. Sa valeur est de prévenir tout détournement de ce régime dérogatoire.

Les conséquences procédurales de la qualification
La décision entraîne des délais raccourcis et des formalités réduites pour le liquidateur. Le jugement prévoit une clôture dans un délai maximal de six mois. Cette célérité vise à liquider rapidement un patrimoine dépourvu de complexité. La portée est d’offrir une issue rapide et proportionnée aux très petites entreprises en difficulté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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