Tribunal de commerce de Angers, le 5 novembre 2025, n°2025011338

Le tribunal de commerce d’Angers, statuant le 5 novembre 2025, a été saisi d’une requête aux fins de rectification d’un jugement. Le commissaire à l’exécution du plan sollicitait la correction d’une erreur matérielle affectant une mesure d’inaliénabilité. La juridiction a accueilli la demande en rectifiant d’office le nom de la société concernée par cette mesure conservatoire.

La procédure de rectification des erreurs matérielles

Les conditions d’application de l’article 462 du code de procédure civile

Le juge constate que la décision initiale est entachée d’une erreur matérielle. Il relève que l’erreur ne permet pas l’exécution du plan de redressement homologué. La juridiction fonde son pouvoir de rectification sur l’article 462 du code de procédure civile. « Vu l’article 462 du CPC » (Motifs). Cette base légale permet de réparer les imperfections sans remettre en cause l’autorité de la chose jugée. La solution assure ainsi la cohérence et l’effectivité des décisions de justice.

Les modalités pratiques de la saisine et de la décision

Le tribunal statue par mesure d’office après une requête du commissaire à l’exécution. Il procède à la rectification sans audience publique préalable. « STATUANT par mesure d’office » (Motifs). Cette modalité illustre le caractère non contradictoire de la procédure de rectification. Elle garantit une célérité essentielle à la bonne exécution des plans de redressement. La pratique judiciaire trouve ici une application efficace et pragmatique.

La portée de la rectification en matière de procédure collective

La nature limitée de l’intervention du juge

La rectification opérée se borne à substituer le nom exact de la société débitrice. Elle concerne spécifiquement la mesure d’inaliénabilité du fonds de commerce. « Ordonne la rectification du jugement en date du 02/07/2025 » (Motifs). Le juge précise que les autres mentions de la décision initiale demeurent inchangées. Cette intervention minimale respecte le principe de l’autorité de la chose jugée. Elle corrige l’erreur sans porter atteinte au dispositif du jugement homologué.

L’importance de l’exactitude pour l’exécution du plan

L’erreur matérielle portait sur l’identité du débiteur soumis à la mesure d’inaliénabilité. Une telle inexactitude rendait la décision inapplicable en pratique. La rectification est donc indispensable à l’effectivité du plan. Elle sécurise le régime de protection attaché aux éléments du fonds de commerce. Cette décision souligne le lien entre la précision formelle et l’efficacité substantielle des mesures ordonnées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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