Arrêt de la Cour de cassation
Numéro 4/16
Rendu le 7 février 2023
Dans le dossier immobilier numéro 2021/4/7/5840
Juridiction de renvoi – Obligation de se conformer au point de droit tranché par la Cour de cassation.
Il ressort de l'arrêt de la Cour de cassation qu'il a cassé l'arrêt d'appel au motif que l'acte de cession produit, sur lequel le défendeur a fondé sa demande, ne contient pas les conditions de propriété requises par le droit musulman, et la cour auteur de la décision attaquée a indiqué dans sa motivation qu'elle s'est conformée au motif de la Cour de cassation, à savoir qu'il est établi en doctrine et en jurisprudence que le défendeur suit dans l'origine et la branche et il lui suffit d'alléguer la possession et la propriété, étant dispensé d'indiquer le fondement de son droit, sauf si le requérant produit une preuve valable en droit musulman, et l'argument avancé par le requérant selon lequel le terrain litigieux revêt un caractère collectif demeure une allégation dépourvue de preuve établissant ce fait et soulevée sans fondement.
Royaume du Maroc
Conseil supérieur du pouvoir judiciaire
Au nom de Sa Majesté le Roi et en vertu de la loi
La Cour de cassation
Rejette la demande
Sur la base de la requête déposée le 09/06/2021 par le requérant susvisé
par l'intermédiaire de son avocat Maître Saleh (H) et visant à casser l'arrêt de la cour d'appel de Beni Mellal rendu
le 26/12/2019 dans le dossier numéro : 2019/1401/169.
Et sur la base des autres pièces produites au dossier.
Et sur la base du code de procédure civile daté du 28 septembre 1974.
Et sur la base de l'ordonnance de dessaisissement et de notification rendue le 17/01/2023.
Et sur la base de l'information de fixation de l'affaire à l'audience publique tenue le 7 février 2023.
Et sur la base de l'appel des parties et de leurs représentants et de leur absence.
Et après lecture du rapport par la conseillère rapporteure Madame Amina Ziyad et audition des
observations du procureur général Monsieur Ateq Al Mazbour.
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Et après délibération conformément à la loi.
Concernant les deux premiers moyens réunis en raison de leur connexité:
Attendu qu'il ressort des pièces du dossier et de la décision attaquée rendue par la cour d'appel de Beni Mellal dans le dossier civil numéro 2019/1401/169 sous le numéro 440 en date du 26/12/2019 que le demandeur (S) Mohamed (le requérant) a prétendu devant le tribunal de première instance de Fquih Ben Salah être propriétaire d'une parcelle de terrain sur laquelle se trouve une maison entourée d'un mur, située au douar Ahsisso Daou Oulad Zidouh, dont les limites sont décrites dans la requête, d'une superficie de 300 mètres carrés, qu'il détient d'une possession paisible, effective et non contestée et qu'il acquitte l'impôt foncier depuis 1989; et que le défendeur (A.S) (le requérant) a profité de sa présence dans la ville d'El Youssoufia pour briser la porte de la maison, l'utiliser comme étable pour un troupeau de moutons et y déposer des fourrages sans titre légal, demandant qu'il soit condamné à évacuer la maison litigieuse, lui et toute personne agissant en son nom ou avec son autorisation; et qu'après la réponse du défendeur soulevant l'absence de qualité du demandeur et le défaut de preuve par un argument valable, demandant le rejet de la demande, et après les débats, le tribunal a rendu son jugement condamnant le défendeur à évacuer le bien litigieux, lui et toute personne agissant en son nom; que le condamné a interjeté appel; que la cour d'appel a rendu son arrêt confirmant le jugement de première instance, lequel a été cassé par la Cour de cassation au motif que l'acte de cession sur lequel le demandeur a fondé sa demande ne contient pas les conditions de propriété requises par la loi religieuse et que le défendeur s'est prévalu de la propriété et de la possession, ce qui le dispense d'indiquer l'origine de son droit; et qu'après le renvoi et la production de ses conclusions par la partie intimée après cassation, et après l'accomplissement des formalités, la cour a rendu son arrêt annulant l'arrêt attaqué et statuant à nouveau en rejetant la demande; et que c'est cette décision qui est déférée à la juridiction suprême.
Attendu que le pourvoyant reproche à la décision de violer la loi et les droits de la défense en ce que la cour a erré dans l'application de la loi applicable à l'espèce, étant donné que le terrain objet du litige est considéré comme faisant partie des terres collectives régies par le dahir de 1919 ainsi que par la loi 17-63, et non par l'article 4 des droits réels contenant les cinq conditions de propriété, alors que la terre collective s'établit par la possession matérielle seulement et que le certificat de paiement de l'impôt en est la preuve; et qu'en statuant par l'annulation du jugement de première instance et en jugeant à nouveau par le rejet de la demande sans répondre à l'argument soulevé, sans vérifier la nature du terrain objet du litige et sans retenir les arguments du demandeur, la cour a violé la loi et a motivé sa décision par des motifs viciés et insuffisants.
Mais attendu qu'en application des dispositions de l'article 369 du code de procédure civile, lorsqu'une question de droit a été tranchée par la Cour de cassation, la juridiction de renvoi est tenue de se conformer à la décision de la Cour de cassation sur ce point; et qu'il ressort de l'arrêt de la Cour de cassation numéro 3/654 en date du 27/11/2018, par lequel a été cassé l'arrêt d'appel du 07/01/2016 dans le dossier civil numéro 2015/1401/164 au motif que l'acte de cession produit, sur lequel le requérant a fondé sa demande, ne contient pas les conditions de propriété requises par la loi religieuse, que la cour auteur de la décision attaquée, en indiquant dans sa motivation qu'elle se conforme au motif de cassation, a retenu, comme il est constant en doctrine et en jurisprudence, que le défendeur qui s'aligne dans l'origine et la branche et qui prétend la possession et la propriété est dispensé d'indiquer l'origine de son droit, sauf si le demandeur produit un argument valable selon la loi religieuse; et que l'argument avancé par le demandeur selon lequel le terrain litigieux revêt un caractère collectif reste une allégation dépourvue de preuve à l'appui; et que les deux moyens sont infondés.
Pour ces motifs,
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi et a mis les dépens à la charge du demandeur.
Et c'est ainsi qu'a été rendue la décision, prononcée à l'audience publique tenue à la date susmentionnée dans la salle d'audience ordinaire de la Cour de cassation à Rabat. La formation de jugement était composée du président de la formation, Monsieur Mohamed Ben Yaiche, président, et des conseillers: Madame Amina Ziyad, rapporteur, Messieurs Abdellah Farah, Madame Fatiha Bami, Monsieur Abdelali Hafid, membres, en présence de Monsieur le procureur général Ateq Mezbour, assisté de Madame l'huissier de justice Nawal El Aboudi.
قرار محكمة النقض رقم 4/16 الصادر بتاريخ 7 فبراير 2023 في الملف العقاري رقم 2021/4/7/5840 محكمة الإحالة – التقيد بالنقطة القانونية التي بتت فيها محكمة النقض. البين من قرار محكمة النقض أنه نقض القرار الاستئنافي بعلة أن عقد التنازل المدلى به الذي أسس عليه المطلوب دعواه لا يتضمن شروط الملك المتطلبة شرعا، والمحكمة مصدرة القرار المطعون فيه لما جاء في تعليلها انه تقيدا منها بعلة محكمة النقض أنه من الثابت فقها وقضاء أن المدعى عليه يساير في الأصل والفرع ويكفيه ادعاء الحوز والملك وهو معفى من بيان وجه مدخله إلا إذا أدلى الطالب بحجة معتبرة شرعا، وما استدل به الطالب من كون الأرض موضوع النزاع تكتسي صبغة جماعية يظل ادعاءا مفتقرا للحجة المثبتة لذلك وما أثير على غير أساس المملكة المغربية المجلس الأعلى للسلطة القضائية باسم جلالة الملك وطبقا للقانون محكمة النقض رفض الطلب بناء على العريضة المرفوعة بتاريخ 2021/06/09 من طرف الطالب المذكور حوله بواسطة نائبه الأستاذ صالح (ح) والرامية إلى نقض قرار محكمة الاستئناف ببني ملال الصادر بتاريخ 2019/12/26 في الملف عدد: 2019/1401/169. وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف. وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974. وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في 2023/01/17. وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 7 فبراير 2023. وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم. وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشارة المقررة السيدة أمينة زياد والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد عاتق المزبور.
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وبعد المداولة طبقا للقانون. شأن الوسيلتين الأولى والثانية مجتمعتين لتداخلهما: حيث يؤخذ من محتويات الملف والقرار المطعون فيه الصادر عن محكمة الاستئناف ببني ملال في الملف المدني عدد 2019/1401/169 تحت عدد 440 بتاريخ 2019/12/26 أن المدعي (س) محمد (المطلوب) ادعى أمام المحكمة الابتدائية بالفقيه بنصالح أنه يملك قطعة أرضية يتوسطها منزل ومحاطة بسور كائنة بدوار احسيسو داو اولاد زيدوح حدودها موصوفة بالمقال مساحتها 300 مترا مربعا يحوزها حيازة هادئة فعلية بدون منازع ويؤدي واجب الضريبة منذ سنة 1989 وان المدعى عليه (ع.س) (المطلوب) استغل فرصة وجوده بمدينة اليوسفية وعمد إلى تكسير باب المنزل واستغله كزريبة لقطيع من الأغنام ووضع الأعلاف بدون سند قانوني ملتمسا الحكم عليه بالتخلي عن المنزل المدعى فيه هو ومن يقوم مقامه أو بإذنه وبعد جواب المدعى عليه بانعدام صفة المدعي وعدم الإثبات بحجة صحيحة ملتمسا عدم قبول الدعوى وتمام المناقشة أصدرت المحكمة حكمها القاضي على المدعى عليه بالتخلي عن المدعى فيه هو ومن يقوم مقامه استأنفه المحكوم عليه فأصدرت محكمة الاستئناف حكمها القاضي بتأييد الحكم الابتدائى الذي نقضته محكمة النقض بعلة أن عقد التنازل الذي أسس عليه المدعي دعواه لا يتضمن شروط الملك المعتبرة شرعا وان المدعى عليه تمسك بالملك والحوز وهو ما يعفيه من بيان وجه مدخله وبعد الإحالة وإدلاء الطرف المستأنف لمستنتجاته بعد النقض وتمام الإجراءات أصدرت المحكمة حكمها القاضي بإلغاء الحكم المستأنف والحكم من جديد المملكة المغربية برفض الطلب وهذا هو القرار المطلوب نقض للسلطة القضائية محكمة النقض حيث يعيب الطاعن على القرار خرق القانون وحقوق الدفاع ذلك أن المحكمة اخطأت في تطبيق القانون الواجب تطبيقه على النازلة ذلك أن الأرض موضوع النزاع تعتبر جزءا من أراضي الجموع التي ينطبق عليها ظهير 1919 وكذا قانون 17-63 وليس المادة الرابعة من الحقوق العينية المتضمنة لشروط الملك الخمسة المتضمنة لشروط الملك الخمسة والحال أن الأرض جماعية تثبت بالحيازة المادية فقط وان شهادة أداء واجب الضريبة دليل على ذلك وان المحكمة لما قضت بإلغاء الحكم الابتدائي والحكم من جديد برفض الطلب دون أن تجيب على الدفع المثار ودون أن تتأكد من طبيعة الأرض موضوع النزاع، ودون أن تأخذ بحجج الطالب تكون قد خرقت القانون وعللت حكمها تعليلا فاسدا وناقصا. لكن حيث انه تطبيقا لمقتضيات الفصل 369 من ق م م فإنه إذا بتت محكمة النقض في نقطة قانونية يتعين على المحكمة التي أحيل عليها الملف أن تتقيد بقرار محكمة النقض في هذه النقطة والبن من قرار محكمة النقض عدد 3/654 الصادر بتاريخ 2018/11/27 أنه نقض القرار الاستئنافي الصادر بتاريخ 2016/01/07 في الملف المدني عدد 2015/1401/164 بعلة
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فانه أن عقد التنازل المدلى به الذي أسس عليه المطلوب دعواه لا يتضمن شروط الملك المتطلبة شرعا والمحكمة مصدرة القرار المطعون فيه لما جاء في تعليلها انه تقيدا منها بعلة محكمة النقض من الثابت فقها وقضاء فإن المدعى عليه يساير في الأصل والفرع ويكفيه ادعاء الحوز والملك وهو ما معفى من بيان وجه مدخله إلا إذا أدلى الطالب بحجة معتبرة شرعا، وما استدل به الطالب من كون الأرض موضوع النزاع تكتسي صبغة جماعية يظل ادعاءا مفتقرا للحجة المثبتة لذلك وما بالوسيلتين على غير أساس. لهذه الأسباب قضت محكمة النقض برفض الطلب وتحميل الطالب المصاريف. وبه صدر القرار وتلي بالجلسة العلنية المنعقدة بالتاريخ المذكور أعلاه بقاعة الجلسات العادية بمحكمة النقض بالرباط. وكانت الهيئة الحاكمة متركبة من رئيس الهيئة السيد محمد بن يعيش رئيسا والمستشارين السادة: أمينة زياد مقررة – عبد الله الفرح – فتيحة بامي- عبد العلي حفيظ أعضاء بحضور المحامي العام السيد عاتق المزبور وبمساعدة كاتبة الضبط السيدة نوال العبودي. المملكة المغربية المجلس الأعلى للسلطة القضائية محكمة النقض
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