Arrêt de la Cour de cassation
Numéro 89
Rendu le 15 février 2023
Dans le dossier commercial numéro 2022/1/3/6
Licence de transport – Loyers dus – Part des héritiers – Effet.
Il ressort que la requérante a soulevé devant la cour ayant rendu la décision attaquée que le jugement de première instance
avait condamné en faveur des défendeurs au paiement de la totalité des loyers dus, alors que leur part dans la succession de leur auteur,
qui exploitait la licence de transport, est déterminée selon l'acte de succession produit. Cependant, la cour n'a pas répondu à
ce moyen soulevé, bien que cela puisse avoir une influence sur ce à quoi elle a abouti. Sa décision est donc entachée d'un défaut
de motifs équivalant à leur absence et est exposée à la cassation.
Au nom de Sa Majesté le Roi et conformément à la loi
Casse et renvoie
Le Royaume.
Sur le mémoire en cassation déposé le 25 novembre 2021 par la requérante susmentionnée
par l'intermédiaire de son avocat Maître (Y.A), visant
à faire casser la décision numéro 1765 rendue le 27 septembre 2021 dans
le dossier 2020/8201/1277 par la cour d'appel commerciale de Fès
et sur les autres pièces versées au dossier.
et sur le code de procédure civile daté du 28 septembre 1974.
et sur l'ordonnance de désistement et signification rendue le : 25 janvier 2023.
et sur l'avis de fixation de l'affaire à l'audience publique tenue le : 15 février 2023.
et sur l'appel des parties et de leurs représentants et leur absence.
Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur Monsieur Mohamed Karam et audition des observations
de l'avocat général Monsieur Rachid Benani.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
Attendu qu'il ressort des pièces du dossier et de la décision attaquée que les défendeurs ont introduit une requête devant
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Le tribunal de commerce de Meknès, où ils ont exposé que leur auteur était titulaire d'une licence d'exploitation de taxi numéro (…) moyennant une redevance de location mensuelle de 2500 dirhams, mais que les défendeurs se sont emparés des revenus de la location pour la période du 28 janvier 2018 au 30 novembre 2019, soit pendant 23 mois sans droit, demandant qu'il soit condamné à leur verser la somme de 30.937,00 dirhams correspondant à leur part des redevances de location pour ladite période.
Après réponse, le tribunal de commerce a rendu son jugement condamnant la première défenderesse (H.M) à payer aux demandeurs la somme de 40.500,00 dirhams, chacun selon sa part successorale légale, pour leur part de la redevance de location de la licence d'exploitation de taxi numéro (…) de première catégorie, Meknès, pour la période du 1er février 2018 jusqu'au 30 août 2019, avec contrainte par corps au minimum, et rejetant le reste des demandes. La condamnée a interjeté appel principal et les bénéficiaires du jugement ont interjeté appel incident, puis l'appelante principale a déposé un mémoire d'appel réformatoire, pour que la cour d'appel commerciale rende sa décision confirmant le jugement attaqué en son principe tout en le modifiant par la réduction du montant condamné à 30.937,00 dirhams par sa décision attaquée en cassation.
Concernant la deuxième branche du premier moyen et le deuxième moyen :
La requérante reproche à la décision la violation des articles 399 et 418 du code des obligations et des contrats et le défaut de motivation, en ce qu'elle conteste la qualité de la défenderesse (M.M) légataire, considérée comme l'ex-épouse du défunt (M.Q), et que les défendeurs ont produit un acte de succession déterminant leur qualité pour agir en tant qu'héritiers, mais la décision ne l'a pas pris en compte, même à titre de cause, puisqu'elle a condamné en faveur des défendeurs à l'intégralité des redevances locatives pour la période du 1er février 2018 jusqu'au 30 août 2019, alors que leur part, même si l'intervention de la légataire est valable, est de 504 sur 896 parts du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, soit l'équivalent de 56,25%, et étant donné que la redevance de location est de 1250 selon le contrat et l'aveu de la Cour de cassation du locataire, ce qui revient aux défendeurs est la somme de 22.781,25 dirhams, et la cour émettrice de la décision attaquée, bien qu'elle ait réduit le montant condamné, a violé le contrat et a violé l'acte de succession en tant qu'acte authentique, de sorte que sa décision est entachée de la violation des articles 399 et 418 du code des obligations et des contrats.
Elle est également dépourvue de motivation sous certains aspects, contraire à la logique et à la réalité, obscure dans ses motifs et contradictoire dans son dispositif, elle est entachée de contradiction car elle s'est fondée sur l'acte de succession mais n'a pas respecté pour autant la part successorale légale qui a limité le droit des défendeurs à 506 sur 896 parts, soit l'équivalent de 56,25%, et la jurisprudence a affirmé dans plusieurs de ses décisions l'obligation de motiver les jugements, comme dans la décision numéro 141 en date du 16 janvier 1991, et compte tenu de ce qui a été mentionné, la décision est dépourvue de motivation et violatrice des articles 399 et 418 du code des obligations et des contrats, ce qui impose sa cassation.
La requérante a soutenu devant la cour émettrice de la décision attaquée que le jugement de première instance avait condamné en faveur des défendeurs à l'intégralité des redevances locatives pour la période du 1er février 2018 au 30 août 2019, alors que leur part dans la succession de leur auteur (M.Q) qui exploitait la licence de transport objet de la location ne dépasse pas 392 parts sur 896 selon l'acte de succession produit, en tenant compte de la part de (M.M) qui lui est revenue par le biais du legs qui fait l'objet du litige, mais la cour n'a pas répondu à ce moyen malgré l'impact que cela pourrait avoir sur sa conclusion, de sorte que sa décision est insuffisamment motivée, ce qui équivaut à un défaut de motivation et l'expose à la cassation.
Attendu que le bon fonctionnement de la justice et l'intérêt des deux parties exigent le renvoi du dossier à la cour émettrice.
Pour ces motifs
La Cour de cassation a cassé la décision attaquée et renvoyé le dossier à la cour émettrice pour qu'elle statue à nouveau, avec une autre formation, conformément à la loi, et a mis les dépens à la charge des défendeurs.
Elle a également ordonné la transcription de sa décision sur les registres de la cour émettrice après la décision attaquée ou son exécution.
C'est par cette décision que le jugement a été rendu et prononcé à l'audience publique tenue à la date mentionnée ci-dessus dans la salle des audiences ordinaires de la Cour de cassation à Rabat. La formation de jugement était composée du président de chambre, M. Saïd Saadaoui, président, et des conseillers MM. Mohamed Karam, rapporteur, El Kadiri, Mohamed Essaghir et Mohamed Bahmani, membres.
En présence du procureur général, M. Rachid Benani, et avec l'assistance du greffier, M. Nabil El Qabli.
Royaume du Maroc
Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire
Cour de cassation
قرار محكمة النقض رقم 89 الصادر بتاريخ 15 فبراير 2023 في الملف التجاري رقم 2022/1/3/6 رخصة النقل – واجبات الكراء – نصيب الورثة – أثره. – – البين أن الطالبة تمسكت أمام المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه بكون الحكم الابتدائي قضى لفائدة المطلوبين بكامل الواجبات الكرائية والحال أن نصيبهم محدد في تركة موروثهم الذي كان يستغل رخصة النقل حسب رسم الإراثة المدلى به، غير أن المحكمة لم تجب على التمسك المذكور رغم ما قد يكون لذلك من تأثير على ما انتهت إليه، فجاء قرارها ناقص التعليل المعد بمثابة انعدامه وعرضته للنقض. باسم جلالة الملك وطبقا للقانون نقض وإحالة المملكة. بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 25 نومبر 2021 من طرف الطالبة المذكورة أعلاه بواسطة نائبها الأستاذ (ي.ع)، والرامي المجلس الأعلى نقض القرا الفضائية الملا القرار رقم 1765 الصادر بتاريخ 2021/9/27 في الملف 2020/8201/1277 عن محكمة الاستئناف التجارية بفاس وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف. وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974. وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر بتاريخ: 2023/01/25. وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ: 2023/2/15. وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم. وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد محمد كرام والاستماع إلى ملاحظات المحامى العام السيد رشيد بناني. وبعد المداولة طبقا للقانون. حيث يستفاد من مستندات الملف والقرار المطعون فيه أن المطلوبين تقدموا بمقال أمام 1
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المحكمة التجارية بمكناس عرضوا فيه، أن مورثهم كان يملك رخصة استغلال سيارة أجرة رقم (…) بواجب كراء شهري قدره 2500 درهم، إلا أن المدعى عليهما استحوذا على مداخيل الكراء عن المدة من 2018/1/28 إلى 2019/11/30 أي لمدة 23 شهرا بدون موجب حق، ملتمسين الحكم عليهما بأدائهما لهم مبلغ 30.937,00 درهم نصيبهم من واجبات الكراء عن المدة المذكورة. وبعد الجواب أصدرت المحكمة التجارية حكمها القاضي بأداء المدعى عليها الأولى (ح.م) لفائدة المدعين مبلغ 40.500,00 درهم كل حسب منابه الشرعي من الإرث عن نصيبهم من واجب كراء رخصة استغلال سيارة الأجرة رقم (…) من الصنف الأول، مكناس عن المدة من 2018/2/1 إلى غاية 2019/8/30 والإكراه البدني في الأدنى ورفض باقي الطلبات. استأنفته المحكوم عليها استئنافا أصليا والمحكوم لهم استئنافا فرعيا ثم تقدمت المستأنفة الأصلية بمقال استئنافي إصلاحي، لتصدر محكمة الاستئناف التجارية قرارها بتأييد الحكم المستأنف في مبدئه مع تعديله بخفض المبلغ المحكوم به إلى 30.937,00 درهم بقرارها المطعون فيه بالنقض. في شأن الفرع الثاني من الوسيلة الأولى والوسيلة الثانية: حيث تنعى الطالبة على القرار حرق الفصلين 399 و 418 من قانون الالتزامات والعقود وانعدام التعليل، ذلك أنها تتحفظ على صفة المطلوبة (م.م) الموصى لها باعتبارها طليقة سابقة للهالك (م.ق)، وقد أدلى المطلوبون برسم إراثة حددوا فيه وجه مدخلهم في الدعوى كورثة لكن القرار لم يأخذ بها حتى على علتها بحيث قضى لفائدة المطلوبين بكامل الواجبات الكرائية عن المدة من 2018/2/1 إلى غاية 2019/8/30 رغم أن تصيبهم حتى ولو صح مدخل الموصى لها هو 504 من المجلس الأعلى للسلطة القضائية أصل 896 جزء أي ما يعادل 56,25، وما دام واجب الكراء هو 1250 حسب العقد وإقرار محكمة النقض المكتري فإن ما يستحقه المطلوبون هو مبلغ 22.781,25 درهم، والمحكمة مصدرة القرار المطعون فيه وإن خفضت المبلغ المحكوم به، فإنها خالفت العقد وخالفت الإراثة كوثيقة رسمية، فجاء قرارها خارقا للفصلين 399 و 418 من قانون الالتزامات والعقود. كما جاء منعدم التعليل في بعض جوانبه ومخالفا لمنطق العقل والواقع غامضا في تعليلاته متناقضا في منطوقه، فهو واقع في التناقض لما اعتمد على الإراثة لكنه بالمقابل لم يحترم الفريضة الشرعية والتي حصرت حق المطلوبين في 506 من أصل 896 جزء أي ما يعادل 56,25% وأن العمل القضائي ذهب في العديد من قراراته إلى وجوب تعليل الأحكام كما في القرار عدد 141 بتاريخ 1991/1/16، واعتبارا لما ذكر فقد جاء القرار منعدم التعليل وخارقا للفصلين 399 و 418 من قانون الالتزامات ،والعقود مما تعين معه نقضه. حيث تمسكت الطالبة أمام المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه بكون الحكم الابتدائي قضى لفائدة المطلوبين بكامل الواجبات الكرائية عن المدة من 2018/2/1 إلى 2019/8/30، والحال أن 2
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نصيبهم في تركة موروثهم (م . ق) الذي كان يستغل رخصة النقل موضوع الكراء لا يتعدى 392 جزء من أصل 896 حسب رسم الإراثة المدلى به أخذا بعين الاعتبار نصيب (م.م) الذي آل إليها عن طريق الوصية التي هي محل منازعة، غير أن المحكمة لم تجب على التمسك المذكور رغم ما قد يكون لذلك من تأثير على ما انتهت إليه فجاء قرارها ناقص التعليل المعد بمثابة انعدامه وعرضته للنقض. وحيث إن حسن سير العدالة ومصلحة الطرفين يقتضيان إحالة الملف على المحكمة مصدرته. مشكلة لهذه الأسباب قضت محكمة النقض بنقض القرار المطعون فيه وإحالة الملف على المحكمة مصدرته للبت فيه من جديد، وهي من هيئة أخرى، طبقا للقانون مع جعل المصاريف على المطلوبين. كما قررت إثبات قرارها بسجلات المحكمة المصدرة له اثر القرار المطعون فيه أو بطرته. وبه صدر القرار وتلي بالجلسة العلنية المنعقدة بالتاريخ المذكور أعلاه بقاعة الجلسات العادية بمحكمة النقض بالرباط. وكانت الهيئة الحاكم من رئيس الغرفة السيد السعيد سعداوي رئيسا والمستشارين السادة: محمد كرام مقررا. القادري ومحمد الصغير ومحمد بحماني أعضاء و.محضر المحامي العام السيد رشيد بناني وبمساعدة كاتب الضبط السيد نبيل القبلي. المملكة المغربية المجلس الأعلى للسلطة القضائية محكمة النقض 3
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