Cour de cassation du Maroc, chambre commerciale, 15 mars 2023, n° 2023/193

Cour de cassation du Royaume du Maroc
Chambre commerciale
Arrêt n° 2023/193 du 15 mars 2023 — Dossier n° 2021/2/3/903


Arrêt de la Cour de cassation

N° 193

Rendu le 15 mars 2023

Dans le dossier commercial n° 2021/2/3/903

Bail commercial – Demande de déférer le serment décisoire – Son effet.

La dénégation de l’écriture, la demande de serment ou son renvoi ne sont valables qu’en vertu d’un mandat écrit, conformément aux dispositions de l’article 30 de la loi régissant la profession d’avocat.

Au nom de

Sa Majesté le Roi et conformément à la loi

Rejet de la demande

Par

Vu la requête en cassation déposée le 2021/5/31 par les demandeurs susmentionnés, par l’intermédiaire de leur mandataire, Maître (Kh. B), tendant à la cassation de l’arrêt n° 3706 rendu le 2020/12/24 dans le dossier n° 2020/8205/2601 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca.

Vu le mémoire en réponse produit par Maître (‘A.B), au nom du défendeur, tendant à l’irrecevabilité de la demande en la forme et à son rejet au fond.

Royaume du Maroc

Vu les autres pièces produites au dossier

Cour de cassation

Vu le Code de procédure civile en date du 28 septembre 1974.

Vu l’ordonnance de dessaisissement et de notification rendue le 2023/3/2.

Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique tenue le 2023/3/29

Vu l’appel des parties et de ceux qui les représentent, et leur non-comparution.

Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Abdelrafi‘ Bouhamriya, et après avoir entendu les observations de l’avocat général, Monsieur Mohammed Sadiq.

Et après en avoir délibéré conformément à la loi

Sur le moyen d’irrecevabilité soulevé par le défendeur :

Attendu que le défendeur a soulevé l’irrecevabilité de la demande en cassation pour violation des dispositions de l’article 355 du Code de procédure civile, au motif qu’elle est tronquée quant aux faits, en ce qu’elle n’expose pas les données de l’enquête effectuée en première instance ni les déclarations des parties et leurs réponses, et qu’elle ne comporte pas non plus les moyens et arguments produits dans l’affaire.

1

— Page suivante —

Mais attendu que l’article 355 du Code de procédure civile dispose que la requête en cassation doit, à peine d’irrecevabilité, contenir un résumé des faits, des moyens et des conclusions ; qu’à l’examen de la requête en cassation, il est apparu que les demandeurs au pourvoi y ont indiqué un exposé sommaire des faits, y compris l’ordonnance du tribunal prescrivant une mesure d’instruction par enquête ainsi que les observations des parties à son sujet, et les moyens de leur pourvoi en cassation, de sorte que leur demande remplit les formalités légalement requises ; que l’exception de forme est sans fondement et doit être rejetée.

Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que le défendeur a saisi le tribunal de commerce de Casablanca d’une requête exposant qu’il est propriétaire du fonds de commerce exploité dans le local sis à Derb Sultan, Casablanca, en vertu d’un contrat d’achat, et qu’après avoir personnellement exercé son commerce dans ledit fonds de commerce pendant une longue durée, il a chargé son frère, dénommé de son vivant (H.B.), à titre de birr wa ihsân (bienfaisance et charité), de gérer le local et le fonds de commerce qui y est exploité ; qu’il avait antérieurement demandé à ce dernier de libérer le local, de l’évacuer et de le lui restituer, mais que celui-ci s’y est refusé malgré mise en demeure ; qu’en conséquence, il a sollicité qu’il soit jugé l’expulsion du local susvisé et la restitution du fonds de commerce qui y est exploité ; qu’après réponse, dépôt par le défendeur d’un mémoire rectificatif, mise en cause d’un tiers dans l’instance, et présentation également d’une demande additionnelle tendant à la radiation du de cujus des demandeurs du registre du commerce relativement audit fonds de commerce, puis après mesure d’enquête, et une fois la procédure achevée, le tribunal de commerce a rendu son jugement ordonnant l’expulsion des demandeurs du local commercial objet du litige et la radiation du nom de leur de cujus (H.B.) du registre du commerce ; que les demandeurs en ont relevé appel principal, et le défendeur appel incident ; que la cour d’appel de commerce l’a confirmé par l’arrêt objet de la demande.

En ce qui concerne le moyen unique de cassation

Attendu que les demandeurs au pourvoi font grief à l’arrêt, dans leur moyen unique de cassation, d’un défaut de motivation et de la violation des articles 89, 345, 359 du Code de procédure civile et de l’article 404 du Code des obligations et contrats, au motif qu’ils ont demandé à la juridiction qui l’a rendu, aux termes de leur mémoire produit à l’audience du 2020/11/05, de convoquer le défendeur afin de lui faire prêter le serment décisoire pour trancher la question de savoir s’il avait reçu une somme d’argent de leur de cujus en contrepartie de son désistement du fonds de commerce objet du litige, au regard de ce qu’ils ne disposaient d’aucune preuve autre que le serment pour l’établir ; mais que la cour n’a pas motivé la raison pour laquelle elle n’a pas fait droit à leur demande de déférer le serment décisoire à leur adversaire conformément à l’article 85 du Code de procédure civile ; que son arrêt est ainsi entaché d’un défaut de motivation, raison pour laquelle ils en sollicitent la cassation.

Mais attendu qu’en vertu de l’article 30 de la loi régissant la profession d’avocat, qui dispose que : « la dénégation d’écriture, la demande de serment ou sa délation inverse ne sont valables qu’en vertu d’un mandat écrit », la cour ayant rendu l’arrêt attaqué, en ne faisant pas droit à la demande des demandeurs au pourvoi tendant à déférer le serment décisoire à leur adversaire au sujet de la réception, de leur de cujus, de la contrepartie de son abandon du fonds de commerce objet du litige, l’a implicitement rejetée, dès lors qu’elle n’est tenue de répondre qu’aux moyens étayés ; qu’en l’absence d’un mandat habilitant la défense à déférer le serment décisoire, elle n’était pas tenue de faire droit à leur demande ; qu’en statuant ainsi, elle n’a pas violé les dispositions invoquées ; que ce qui est articulé au moyen n’est pas fondé.

Pour ces motifs

La Cour de cassation a rejeté la demande et mis les dépens à la charge des demandeurs au pourvoi.

Ainsi a été rendu et lu en audience publique tenue à la date susmentionnée dans la salle d’audience ordinaire de la Cour de cassation à Rabat. La formation de jugement était composée de Madame Khadija Al-Bayin, présidente de chambre, présidente, et de Messieurs les conseillers Abdelrafi‘ Bouhamriya, rapporteur, Mohamed Al-Kraoui, Assaïd Choukaib et Nour Eddine Assidi, membres, en présence de Monsieur le premier avocat général Mohamed Sadiq, avec l’assistance du greffier Monsieur Abdelrahim Aït Ali.

Royaume du Maroc

Conseil supérieur du pouvoir judiciaire

Cour de cassation

3


قرار محكمة النقض رقم 193 الصادر بتاريخ 15 مارس 2023 في الملف التجاري رقم 2021/2/3/903 كراء تجاري – طلب توجيه اليمين الحاسمة – أثره. إن إنكار الخط أو طلب يمين أو قلبها لا يصح إلا بمقتضى وكالة مكتوبة عملا بمقتضيات المادة 30 من القانون المنظم لمهنة المحاماة. باسم جلالة الملك وطبقا للقانون رفض الطلب بواسطة بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2021/5/31 من طرف الطالبين المذكورين أعلاه نائبهم الأستاذ (خ. ب) الرامي إلى نقص القرار رقم 3706 الصادر بتاريخ 2020/12/24 في الملف عدد 2020/8205/2601 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء. وبناء على المذكرة الجوابية المدلى هما من طرف الأستاذ (ع.ب) نيابة عن المطلوب والرامية إلى عدم قبول الطلب شكلا ورفضه موضوعا. المملكة المغربية وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بملاً في الملف اطة القضائية محكمة النقض وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974. وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر بتاريخ 2023/3/2. وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 2023/3/29 وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم. وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد عبد الرفيع بوحمرية والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد محمد صادق. وبعد المداولة طبقا للقانون في شأن الدفع بعدم القبول المثار من طرف المطلوب: حيث دفع المطلوب بعدم قبول طلب النقض لمخالفته مقتضيات الفصل 355 من قانون المسطرة المدنية، لأنه مبتور الوقائع بعدم تعرضه لمعطيات البحث المنجز ابتدائيا وتصريحات الأطراف وأجوبتهم، كما لم يتضمن كذلك الوسائل والحجج المدلى بها في القضية. 1

— Page suivante —

لكن، حيث إن الفصل 355 من قانون المسطرة المدنية نص على أن يتعين أن تتوفر في عريضة النقض تحت طائلة عدم القبول ملخص الوقائع والوسائل والمستنتجات وبالاطلاع على عريضة النقض اتضح بأن طالبي النقض قد أشاروا من خلالها لموجز الوقائع بما فيها أمر المحكمة بإجراء بحث وكذا لتعقيب الأطراف عليه، ولوسائل طعنهم بالنقض مما يجعل طلبهم مستوف للشكليات المتطلبة قانونا والدفع الشكلي على غير أساس يتعين رده. حيث يستفاد من وثائق الملف والقرار المطعون فيه أن المطلوب تقدم بمقال إلى المحكمة التجارية بالدار البيضاء عرض فيه أنه يملك الأصل التجاري المقام في المحل الكائن بدرب السلطان الدار البيضاء بمقتضى عقد شراء، وأنه بعدما مارس شخصيا تجارته في أصله التجاري المذكور ولمدة طويلة، كلف أخاه المسمى قيد حياته (ح.ب) من باب البر والإحسان بتسيير المحل والأصل التجاري المقام عليه وأنه سبق أن طالب من هذا الأخير إخلاء المحل وإفراغه وإرجاعه إليه إلا أنه رفض ذلك رغم إنذاره، لأجل ذلك التمس الحكم عليه بإفراغ المحل المذكور وبإرجاع أصله التجاري المقام عليه، وبعد الجواب وإدلاء المطلوب بمقال إصلاحى وإدخال الغير في الدعوى و تقديمه كذلك لطلب إضافي من أجل التشطيب على موروث الطالبين من السجل التجاري بالأصل التجاري المذكور، ثم إجراء البحث، وبعد انتهاء الإجراءات أصدرت المحكمة التجارية حكمها القاضي بإفراع الطالبين من المحال التجاري موضوع الدعوى والتشطيب على اسم موروثهم (ح. ب) من السجل التجاري، استأنفه الطالبون أصليا، والمطلوب فرعيا، فأيدته محكمة الاستئناف التجارية بمقتضى القرار المطلوب القصص حيث يعيب الطاعنون القرار في الوسيلة الفريدة للنقض بانعدام التعليل و خرق الفصول 89. 345. 359 من قانون المسطرة المدنية والفصل 404 من قانون الالتزامات والعقود، بدعوى أنهم التمسوا من المحكمة مصدرته بمقتضى مذكرتهم المدلى بها بجلسة 2020/11/05 استدعاء المطلوب قصد أداء اليمين الحاسمة من أجل الحسم في مسألة تسلمه لمبلغ مالي من موروثهم مقابل تنازله عن الأصل التجاري موضوع الدعوى على اعتبار أنه لا يوجد لديهم أي دليل غير اليمين يثبت ذلك، لكن المحكمة لم تعلل سبب عدم استجابتها لطلبهم توجيه اليمين الحاسمة لخصمهم طبقا للمادة 85 من قانون المسطرة المدنية فجاء قرارها منعدم التعليل ملتمسين نقضه. لكن، حيث إنه بمقتضى المادة 30 من القانون المنظم لمهنة المحاماة التي تنص على أن: « إنكار الخط أو طلب يمين أو قلبها فإنه لا يصح إلا بمقتضى وكالة « مكتوبة وأن المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه استجابتها لملتمس الطاعنين بموجبه اليمين الحاسمة لخصمهم حول تسلمه من موروثهم لمقابل تخليه عن الاصل التجاري موضوع الدعوى تكون قد ردته ضمنيا ما دام أنها لا تكون ملزمة بالجواب إلا على الدفوع المدعمة وأنه في غياب وجود وكالة تخول الدفاع توجيه اليمين الحاسمة لم تكن ملزمة بالاستجابة لطلبهم وهي منهجها لم تخرق المقتضيات المحتج بخرقها وكان ما بالوسيلة غير جدير بالاعتبار. 2

— Page suivante —

لهذه الأسباب قضت محكمة النقض برفض الطلب وبتحميل طالبي النقض الصائر. وبه صدر القرار وتلي بالجلسة العلنية المنعقدة بالتاريخ المذكور أعلاه بقاعة الجلسات الاعتيادية بمحكمة النقض بالرباط وكانت الهيئة الحاكمة متركبة من رئيسة الغرفة السيد خديجة الباين رئيسة والمستشارين السادة عبد الرفيع بوحمرية مقررا ومحمد الكراوي والسعيد شوكيب ونور الدين السيدي أعضاء وبمحضر المحامي العام السيد محمد صادق وبمساعدة كاتب الضبط السيد عبد الرحيم ايت علي. المملكة المغربية المجلس الأعلى للسلطة القضائية محكمة النقض 3

Traduction automatique fournie à titre indicatif. Seul le texte original en arabe fait foi.
Source : Portail officiel de la jurisprudence — CSPJ

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture