Chambre civile, Cour de cassation, le 19 décembre 2024, n° 23-12.652

Sommaire rédigé par l’IA

Référence de l’arrêt : Cour de cassation, troisième chambre civile, arrêt n° 688 FS-B du 19 décembre 2024, pourvoi n° C 23-12.652.

Faits : M. [J], vendeur, a mandaté la société Square habitat nord de France pour la vente de son bien immobilier. M. [E] a signé un acte d’achat le 28 août 2018, mais a exercé son droit de rétractation le 15 septembre 2018. La société Square habitat a alors poursuivi M. [E] pour réparation de préjudice.

Réponse de la Cour : La Cour de cassation a jugé que le délai de rétractation de dix jours pour un acquéreur non professionnel commence le lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l’acte, sans cumuler les règles de calcul des délais prévues par différents articles. Ainsi, la Cour rejette le pourvoi de M. [E] et le condamne à payer les dépens et 3 000 euros à la société Square habitat nord de France.

Commentaire d’arrêt rédigé par l’IA :

Commentaire d’arrêt

1. Introduction

L’arrêt rendu par la troisième chambre civile de la Cour de cassation le 19 décembre 2024 porte sur la question de l’exercice de la faculté de rétractation par un acquéreur non professionnel dans le cadre d’une promesse de vente immobilière. M. [E], l’acquéreur, avait été condamné par la cour d’appel de Douai à verser des dommages-intérêts à la société Square habitat nord de France, mandatée pour la vente d’un bien, pour avoir exercé sa rétractation tardivement. Ce dernier forme un pourvoi en cassation, soutenant que sa rétractation a en fait été exercée dans le délai légal. La Cour de cassation rejette le pourvoi, confirmant la position de la cour d’appel et clarifiant les règles de computation de délais applicables en matière de rétractation.

2. Le sens de la décision

La question de droit soumise à la Cour de cassation concerne le calcul du délai de rétractation de dix jours prévu à l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation. Plus précisément, il s’agit de savoir si le jour de la première présentation de la lettre notifiant la promesse de vente doit être comptabilisé dans le délai de rétractation. La Cour de cassation relève que les articles L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation et 641 du Code de procédure civile posent la même règle : le jour de l’événement initiant le délai n’est pas pris en compte. Elle en conclut que l’effet de ces deux articles ne se cumule pas, et que donc le moyen invoqué par M. [E] est infondé. Par conséquent, la rétractation de l’acquéreur le 15 septembre 2018 est jugée tardive.

3. La valeur de la décision

Cette décision est cohérente avec les principes de computation des délais en droit civil, qui visent à apporter une certaine sécurité juridique en clarifiant les règles d’application des délais de procédure. Toutefois, l’interprétation de la Cour soulève un débat potentiel sur l’éventuelle confusion que les professionnels du secteur immobilier pourraient ressentir face à des règles qui, bien que semblant aller dans la même direction, peuvent donner lieu à des interprétations différentes sans cette clarification. L’arrêt a donc le mérite de renforcer la sécurité juridique sur cet aspect, mais aurait pu intégrer davantage les difficultés pratiques que ces délais peuvent engendrer pour les acquéreurs, souvent non-professionnels du droit.

4. La portée de la décision

En confirmant un principe clair de non-cumul des effets dans la computation des délais, cet arrêt assoit la jurisprudence relative au délai de rétractation pour les promesses de vente immobilière. Il constitue une référence pour les futurs litiges portant sur la rétractation dans le cadre de ventes immobilières et contribue à harmoniser la lecture des délais de rétractation par les juridictions inférieures. Sur le plan pratique, cette décision incite notaires et agents immobiliers à une attention accrue dans l’information fournie aux acquéreurs sur leurs droits de rétractation pour éviter toute contestation future. Enfin, cet arrêt pourrait également intéresser les législateurs souhaitant apporter des ajustements législatifs pour maximiser la clarté des textes de lois.

En somme, cet arrêt clarifie la non-cumulativité des règles de computation des délais et renforce la sécurité juridique dans le secteur immobilier, tout en rappelant l’importance d’une communication précise des droits aux parties engagées dans des transactions importantes comme l’achat immobilier.

Texte intégral de la décision :

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture