Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Refus copropriété travaux toiture : recours, DPE et tribunal en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les petites copropriétés entrent à leur tour dans la séquence du DPE collectif obligatoire. Le sujet paraît technique, mais il devient très concret pour les propriétaires : une toiture mal isolée, une couverture qui fuit ou un refus de travaux en assemblée générale peut bloquer la rénovation, dégrader l’étiquette énergétique d’un logement, empêcher une relocation ou faire exploser le coût d’un sinistre.

La requête « refus copropriété travaux toiture » concentre cette inquiétude. Elle ne vise pas seulement à comprendre les règles de majorité. Elle correspond souvent à une situation de crise : un copropriétaire subit une infiltration, un bailleur ne peut pas sortir d’un DPE F ou G, le syndic reporte la résolution, ou l’assemblée refuse les devis pour des raisons budgétaires. Dans ces cas, il faut raisonner vite : quel vote était nécessaire, le refus est-il contestable, faut-il saisir le tribunal, et quelles pièces préparer ?

Refus copropriété travaux toiture : que faire en premier ?

La première étape consiste à qualifier les travaux. Une réfection de toiture peut relever de l’entretien nécessaire de l’immeuble, de la conservation du clos et du couvert, d’une amélioration énergétique, ou de travaux privatifs affectant des parties communes ou l’aspect extérieur. Le recours change selon cette qualification.

Si la toiture fuit, si des infiltrations touchent des lots, si un rapport d’expert alerte sur un risque d’aggravation, il ne faut pas présenter le dossier comme un simple confort. Il faut documenter l’urgence, la partie commune concernée, le coût d’inaction et les dégâts déjà constatés. Le syndic doit être mis en demeure d’inscrire une résolution utile à l’ordre du jour, avec devis, rapport technique, photos, déclaration d’assurance et, si possible, avis d’architecte ou de couvreur.

Si l’objectif est l’isolation thermique de la toiture ou du plancher, le sujet est encore plus sensible depuis la loi « Habitat dégradé » du 9 avril 2024. L’article 25-2-1 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit qu’un ou plusieurs copropriétaires peuvent, sous conditions, faire réaliser à leurs frais des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher affectant les parties communes. Le texte impose une demande d’inscription à l’ordre du jour accompagnée d’un descriptif détaillé.

Pourquoi le DPE rend le refus plus risqué en 2026

Le DPE collectif ne règle pas le litige, mais il donne un levier de preuve. Selon Service-Public sur le DPE collectif, les copropriétés d’au maximum 50 lots sont concernées à partir du 1er janvier 2026. Le DPE collectif contient notamment les caractéristiques de l’enveloppe du bâtiment et des recommandations de travaux, y compris sur la toiture, les planchers, la ventilation ou le chauffage collectif.

Pour un bailleur, ce point est décisif. Le ministère de la Transition écologique rappelle que la décence énergétique et le gel des loyers obligent à traiter les logements classés E, F ou G dans les échéances prévues, avec des travaux pouvant porter sur l’isolation de la toiture ou d’autres postes de rénovation. La page officielle sur la location et les passoires énergétiques rappelle aussi que le loyer ne peut pas être augmenté pour une passoire si les travaux ne permettent pas la sortie du statut concerné.

Concrètement, le refus de travaux n’est pas automatiquement illégal parce qu’il aggrave le DPE d’un copropriétaire. En revanche, il devient plus attaquable si l’assemblée refuse sans motif sérieux des travaux techniquement nécessaires, si le syndic a dissimulé les risques, si le vote a été préparé sans pièces suffisantes, ou si une majorité bloque l’opération pour préserver un intérêt personnel au détriment de l’immeuble.

Vote en assemblée générale : quelle majorité pour la toiture ?

Il faut distinguer trois hypothèses.

Première hypothèse : les travaux sont nécessaires à la conservation de l’immeuble, au clos, au couvert, à la sécurité ou à la salubrité. Ils peuvent relever d’une majorité plus accessible, selon leur nature exacte et la rédaction de la résolution. Une toiture qui laisse passer l’eau, une charpente fragilisée ou une couverture dégradée ne se traitent pas comme une amélioration facultative.

Deuxième hypothèse : les travaux sont des travaux d’amélioration énergétique ou d’isolation qui affectent les parties communes. L’article 30 de la loi du 10 juillet 1965 permet à l’assemblée de décider des améliorations conformes à la destination de l’immeuble. Si l’assemblée refuse une autorisation relevant de l’article 25 b, un copropriétaire ou un groupe de copropriétaires peut demander une autorisation judiciaire d’exécuter les travaux, aux conditions fixées par le tribunal.

Troisième hypothèse : un copropriétaire veut réaliser à ses frais des travaux qui touchent la toiture, l’isolation ou l’aspect extérieur. Il faut alors vérifier le règlement de copropriété, les plans, la nature des parties communes et la résolution proposée. La demande doit être précise : descriptif technique, entreprise, assurance, calendrier, accès aux parties communes, absence d’atteinte à la structure, prise en charge financière et conditions de réception.

Délai de deux mois : contester le refus ou demander une autorisation ?

Lorsqu’une résolution d’assemblée générale refuse les travaux, le premier réflexe est de vérifier la notification du procès-verbal. L’article 42 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que l’action en contestation des décisions d’assemblée générale doit être introduite par les copropriétaires opposants ou défaillants dans les deux mois de la notification du procès-verbal.

Ce délai est court. Il faut donc immédiatement récupérer le procès-verbal, la feuille de présence, les pouvoirs, les convocations, les devis joints, les rapports communiqués, les échanges avec le syndic et les preuves de notification.

Attention toutefois : toutes les actions ne sont pas de même nature. Une action en annulation d’une décision d’assemblée générale n’est pas identique à une demande d’autorisation judiciaire de travaux fondée sur l’article 30. Le choix procédural dépend du but recherché. Si le vote est irrégulier ou abusif, l’annulation peut être utile. Si le besoin principal est d’obtenir le droit de réaliser les travaux malgré le refus, l’autorisation judiciaire peut être centrale.

Quand le refus devient abusif

Un refus n’est pas abusif parce qu’il déplaît à un copropriétaire. Il faut démontrer une faute, une opposition déraisonnable ou un blocage contraire à l’intérêt collectif. La Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt de la troisième chambre civile du 5 septembre 2024, pourvois n° 22-20.221 et 22-21.050, vérifié dans Judilibre. Dans cette affaire, la Cour approuve l’analyse selon laquelle une opposition procédait de la volonté de faire prévaloir des intérêts personnels et paralysait l’autorisation demandée.

L’intérêt de cette décision, pour les travaux de toiture ou d’isolation, est pratique : le dossier doit montrer pourquoi le refus n’est pas une simple divergence de gestion. Les éléments utiles sont les suivants : danger ou aggravation technique, inaction prolongée, contradiction entre le DPE collectif et le vote, absence de devis alternatifs, refus systématique de mettre le sujet à l’ordre du jour, conflit d’intérêts d’un copropriétaire, perte locative prévisible, impossibilité de vendre ou de louer normalement.

Un bailleur dont le logement perd des loyers à cause d’une toiture non traitée devra aussi prouver le lien de causalité. Il ne suffit pas d’affirmer que le DPE est mauvais. Il faut expliquer quel poste vient des parties communes, quelles résolutions ont été demandées, quelles réponses le syndic a données et depuis quand le préjudice est subi.

Quelles pièces préparer avant le tribunal ?

Un recours solide se prépare avant l’assignation. Le dossier doit être plus technique qu’émotionnel.

Préparez d’abord les pièces de copropriété : règlement de copropriété, état descriptif de division, derniers procès-verbaux d’AG, convocation litigieuse, résolution refusée, feuille de présence, tantièmes, devis, correspondances avec le syndic et conseil syndical.

Ajoutez ensuite les preuves du besoin de travaux : photos datées, constat de commissaire de justice si nécessaire, rapports d’assurance, recherche de fuite, avis de couvreur, rapport d’architecte, diagnostic technique global, plan pluriannuel de travaux, DPE collectif ou DPE individuel, factures de réparation provisoire.

Enfin, chiffrez le préjudice : loyers perdus, vacance locative, impossibilité de relouer, baisse de valeur, frais d’urgence, franchise d’assurance, surcoût lié au retard, devis actualisés. Ce chiffrage n’est pas seulement utile pour demander des dommages-intérêts. Il sert aussi à convaincre le juge que le refus crée une atteinte concrète.

Paris et Île-de-France : attention au calendrier d’AG et aux preuves

À Paris et en Île-de-France, les petites copropriétés sont nombreuses et les travaux de toiture peuvent vite devenir conflictuels : immeubles anciens, combles, zinc, verrières, cours intérieures, contraintes architecturales, accès difficile, devis élevés et tensions entre occupants et bailleurs.

Le bon réflexe consiste à caler le calendrier procédural dès le départ. Si l’AG vient de refuser les travaux, le délai de deux mois de l’article 42 doit être traité comme une alerte. Si le syndic refuse d’inscrire une résolution, il faut formaliser la demande d’ordre du jour par écrit avec pièces. Si des infiltrations continuent, il faut envisager une procédure rapide, selon l’urgence et les preuves disponibles.

Le choix du tribunal dépend de la situation de l’immeuble. Pour une copropriété parisienne, le contentieux relève en pratique du tribunal judiciaire compétent à Paris. En petite couronne ou grande couronne, il faut raisonner selon le ressort territorial de l’immeuble. Cette question doit être vérifiée avant l’assignation, car une erreur de juridiction fait perdre du temps dans un dossier où les délais techniques et locatifs comptent.

Le delta face aux articles concurrents

Les contenus concurrents répondent souvent à la question générale « que faire si la copropriété refuse des travaux de toiture ». Leur faiblesse est de rester au niveau des démarches amiables, du vote et du recours générique. L’angle utile en 2026 est plus précis : rattacher le refus à la pression DPE, au DPE collectif obligatoire des petites copropriétés, à l’article 25-2-1 sur l’isolation thermique de la toiture, au délai de contestation de deux mois et au choix entre annulation, autorisation judiciaire et indemnisation.

Pour un propriétaire, l’objectif n’est pas seulement de « convaincre » la copropriété. C’est de préparer un dossier qui peut tenir devant le tribunal si l’assemblée bloque encore.

Que faire maintenant ?

Si la copropriété refuse des travaux de toiture, il faut agir en quatre temps.

  1. Identifier la nature exacte des travaux : entretien, urgence, amélioration, isolation thermique, travaux privatifs affectant les parties communes.
  2. Reconstituer la procédure d’AG : ordre du jour, majorité utilisée, pièces jointes, vote, notification du procès-verbal.
  3. Sécuriser la preuve technique : DPE collectif, rapport d’expert, photos, devis, sinistres, documents d’assurance.
  4. Choisir le bon recours : demande au syndic, nouvelle résolution, contestation dans les deux mois, autorisation judiciaire, référé en cas d’urgence, ou indemnisation si un préjudice est démontré.

La décision de saisir le tribunal ne doit pas être prise uniquement après un vote perdu. Elle se prépare dès la demande d’inscription à l’ordre du jour. Plus la résolution est claire, plus le refus sera facile à analyser et, si nécessaire, à contester.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Nous analysons le procès-verbal d’assemblée générale, les devis, les preuves DPE et les recours possibles avant l’expiration des délais.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

À Paris et en Île-de-France, nous pouvons vous aider à préparer une contestation d’assemblée générale, une demande d’autorisation judiciaire ou une stratégie de preuve contre l’inaction du syndic. Pour les litiges de copropriété, vous pouvez aussi consulter notre page dédiée aux travaux de copropriété à Paris.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture