Avocats en litiges de copropriété à Paris : Defense contre syndic et protection des coproprietaires
Les litiges de copropriété opposent frequemment les coproprietaires au syndic où aux autres coproprietaires sur des questions de gestion, de charges, de travaux où de jouissance des parties communes. Ces conflits naissent de l’application de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles batis et de son decret d’application du 17 mars 1967. Les enjeux financiers peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros selon les travaux contestes où les charges litigieuses.
La jurisprudence de la Cour de cassation precise regulierement les obligations du syndic, les conditions de validite des décisions d’assemblee generale et les modalites de repartition des charges entre coproprietaires. Le syndic doit executer les décisions de l’assemblee generale et administrer l’immeuble dans l’interet collectif de la copropriété. Toute faute de gestion engage sa responsabilite civile et peut justifier sa revocation. Les charges doivent être reparties selon les tantieme de copropriété fixes par le reglement de copropriété.
Le Cabinet Kohen Avocats intervient devant le tribunal judiciaire de Paris en matiere de contentieux de copropriété. Notre expertise couvre la contestation des décisions d’assemblee generale, la mise en cause de la responsabilite du syndic pour faute de gestion, la contestation des charges abusives et la defense des interets des syndicats de coproprietaires. Nous representons tant les coproprietaires que les syndicats dans leurs litiges avec les syndics professionnels où benevoles.
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QU’EST-CE QU’UN LITIGE DE COPROPRIÉTÉ ?
Definition juridique :
Un litige de copropriété designe tout differend opposant les parties prenantes d’une copropriété : coproprietaires entre eux, coproprietaire contre le syndicat des coproprietaires, syndicat contre le syndic, coproprietaire contre le syndic. Ces litiges sont regis par la loi du 10 juillet 1965 et son decret d’application du 17 mars 1967.
La Cour de cassation rappelle que le syndic est le mandataire du syndicat des coproprietaires et doit agir dans l’interet collectif de la copropriété en executant les décisions de l’assemblee generale. Toute inexecution fautive de ses obligations engage sa responsabilite contractuelle envers le syndicat. Le Tribunal judiciaire de Paris à ainsi retenu la faute de gestion du syndic dans un arret du 16 mai 2024 (TJ Paris, 16 mai 2024, n° 23/04782) pour inexecution de ses obligations legales decoulant de l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965.
Parties au litige :
Le syndicat des coproprietaires : personne morale representant l’ensemble des coproprietaires, agissant par l’intermediaire du syndic où d’un administrateur provisoire designe par justice. Le syndicat defend les interets collectifs de la copropriété.
Les coproprietaires : proprietaires privatifs de lots dans l’immeuble en copropriété. Chaque coproprietaire peut agir individuellement pour defendre ses interets propres où collectivement pour contester une décision d’assemblee generale.
Le syndic : mandataire du syndicat charge d’administrer l’immeuble, d’executer les décisions de l’assemblee generale, de gerer les contrats d’entretien, de convoquer les assemblees generales et de tenir la comptabilite de la copropriété. Le syndic peut être professionnel où benevole.
Les autres parties : architectes, entrepreneurs ayant réalisé des travaux, gestionnaires de copropriété, locataires dans certains cas specifiques.
Principales causes de litiges :
Contestation de la gestion du syndic : inexecution de travaux votes, defaut d’entretien de l’immeuble, absence de mise en concurrence des prestataires, gestion comptable irreguliere, manquement aux obligations d’information des coproprietaires. Le Tribunal judiciaire de Paris à condamne un syndic pour faute de gestion dans plusieurs decisions recentes (TJ Paris, 16 mai 2024, n° 23/04782 ; TJ Paris, 12 fevrier 2024, n° 23/50513 sur le fondement de l’article 9 I et 14 de la loi du 10 juillet 1965). La Cour d’appel de Montpellier à egalement annule une assemblee generale le 18 juin 2024 (CA Montpellier, 18 juin 2024, n° 21/02631) pour irregularites de gestion.
Charges de copropriété contestees : repartition contestee des charges entre les coproprietaires, charges non conformes au reglement de copropriété, appels de fonds excessifs, refus de paiement de charges estimees abusives. La jurisprudence recente confirme l’obligation pour les coproprietaires de participer aux charges selon l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 (CA Versailles, 13 septembre 2022, n° 20/05882 ; CA Versailles, 20 mars 2024, n° 21/07007 ; CA Versailles, 5 mars 2025, n° 23/01387). Le Tribunal judiciaire de Paris à cependant rappele le 9 janvier 2025 (TJ Paris, 9 janvier 2025, n° 24/03147) que le syndicat doit prouver la realite de sa creance conformement à l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965.
Travaux réalisés sans vote où mal executes : travaux réalisés sans décision d’assemblee generale prealable, travaux executes differemment de ce qui avait été vote, surcoûts importants non justifies. Le Tribunal judiciaire de Paris à juge le 17 juillet 2025 (TJ Paris, 17 juillet 2025, n° 23/57646) que les travaux affectant les parties communes necessitent une autorisation prealable de l’assemblee generale conformement aux articles 8, 9 et 25 b de la loi du 10 juillet 1965. De même, le TJ Paris à rappele le 14 novembre 2024 (TJ Paris, 14 novembre 2024, n° 22/00860) que toute modification de la destination de l’immeuble doit respecter les articles 2, 8 et 9 de la loi du 10 juillet 1965.
Nuisances entre coproprietaires : troubles de jouissance causes par un coproprietaire aux autres, bruits excessifs, dégradations des parties communes, occupation irreguliere d’une partie commune. Le syndicat des coproprietaires peut engager la responsabilite du coproprietaire fautif sur le fondement de l’article 14 de la loi du 10 juillet 1965 (TJ Paris, 24 juin 2025, n° 24/01201 ; TJ Paris, 26 fevrier 2024, n° 23/59332 ; TJ Lyon, 7 mars 2024, n° 21/02522).
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OBLIGATIONS LEGALES DU SYNDIC DE COPROPRIÉTÉ
Le syndic supporte des obligations legales strictes dont la violation engage sa responsabilite contractuelle envers le syndicat.
Administration generale de l’immeuble :
Le syndic doit administrer l’immeuble conformêment aux dispositions de la loi du 10 juillet 1965 et du reglement de copropriété. Cette obligation generale comprend la tenue de la comptabilite, la conservation des archives de la copropriété, la gestion des contrats d’entretien et d’assurance.
La Cour de cassation rappelle que le syndic engage sa responsabilite s’il ne respecte pas les regles legales et reglementaires regissant la copropriété, notamment en matiere de convocation des assemblees generales et d’execution des décisions votees. Le Tribunal judiciaire de Paris à ainsi condamne le syndic pour inexecution de deliberations relatives aux travaux le 8 juillet 2025 (TJ Paris, 8 juillet 2025, n° 23/09473) sur le fondement de l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 qui impose au syndic d’executer les decisions de l’assemblee generale.
Execution des décisions de l’assemblee generale :
Le syndic doit executer les décisions de l’assemblee generale dans les délais raisonnables. Cette obligation s’impose des la cloture de l’assemblee generale. Tout retard injustifie constitue une faute susceptible d’engager sa responsabilite. Le Tribunal judiciaire de Paris à condamne un syndic le 8 juillet 2025 (TJ Paris, 8 juillet 2025, n° 23/09473) pour n’avoir pas execute une deliberation de l’assemblee generale relative aux travaux, constituant une violation de l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965. De même, le TJ Nice à ordonne le 5 mai 2025 (TJ Nice, 5 mai 2025, n° 22/01488) la realisation de travaux en rappelant l’obligation du syndicat de conserver l’immeuble conformement aux articles 3 et 14 de la loi du 10 juillet 1965.
Conservation de l’immeuble :
Le syndic doit veiller à la conservation de l’immeuble en procedant aux réparations urgentes necessaires à la sauvegarde de celui-ci. Cette obligation s’impose même en l’absence de décision prealable de l’assemblee generale pour les travaux urgents mettant en jeu la securite des occupants où la conservation de l’immeuble.
La jurisprudence considere comme urgents les travaux de réparation de fuites d’eau importantes, de toiture endommagee, de garde-corps defectueux presentant un danger pour les occupants. Le syndic qui tarde à faire réalisér ces travaux urgents engage sa responsabilite pour les dégradations supplementaires causees par son inaction.
Information des coproprietaires :
Le syndic doit tenir à la disposition des coproprietaires un ensemble de documents obligatoires : reglement de copropriété, état descriptif de division, carnet d’entretien de l’immeuble, contrats d’assurance, contrats d’entretien, proces-verbaux des assemblees generales des trois dernieres annees, comptes du syndicat.
Tout manquement à cette obligation d’information constitue une faute engageant la responsabilite du syndic. Le Tribunal judiciaire de Paris à retenu à plusieurs reprises les manquements du syndic à ses obligations d’information et de gestion (TJ Paris, 16 mai 2024, n° 23/04782 ; TJ Paris, 30 mai 2024, n° 21/12467 concernant un abus de majorite en assemblee generale sur le fondement des articles 3, 4 et 11 de la loi du 10 juillet 1965).
Tenue de la comptabilite :
Le syndic doit tenir une comptabilite separee pour chaque copropriété geree, établir les comptes annuels et les soumettre à l’approbation de l’assemblee generale. La comptabilite doit retracer fidelement les operations financieres de la copropriété.
Toute irregularite comptable grave, dissimulation de dépenses où absence de justificatifs constitue une faute engageant la responsabilite du syndic et peut justifier sa revocation immediate.
Nos honoraires
RESPONSABILITE DU SYNDIC ET SANCTIONS APPLICABLES
Responsabilite contractuelle :
Le syndic est lie au syndicat des coproprietaires par un contrat de mandat. Sa responsabilite contractuelle est engagee en cas de faute dans l’execution de son mandat : inexecution des décisions d’assemblee generale, defaut d’entretien de l’immeuble, gestion comptable defaillante, absence de mise en concurrence des prestataires.
La Cour de cassation retient une presomption de faute du syndic des lors qu’il n’execute pas les décisions de l’assemblee generale dans des délais raisonnables, sauf à démontrer une impossibilite d’execution independante de sa volonte. Le Tribunal judiciaire de Paris à applique ce principe le 8 juillet 2025 (TJ Paris, 8 juillet 2025, n° 23/09473) en condamnant le syndic pour inexecution de ses obligations decoulant de l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965.
Etendue de la réparation :
Le syndic fautif doit réparer l’integralite du prejudice cause au syndicat des coproprietaires. Ce prejudice comprend les surcoûts resultant du retard d’execution des travaux, les dégradations supplementaires causees par l’inaction, les honoraires d’avocat exposes pour obtenir l’execution forcee, les penalites de retard facturees par les prestataires. Le Tribunal judiciaire de Paris à condamne le syndic à reparer le prejudice cause au syndicat dans plusieurs decisions recentes (TJ Paris, 12 fevrier 2024, n° 23/50513 appliquant l’article 9 I et 14 de la loi du 10 juillet 1965 ; TJ Paris, 24 juin 2025, n° 24/01201 sur le fondement de l’article 14 et 9). Le Tribunal judiciaire de Lyon à egalement retenu la responsabilite du syndicat pour vice de construction où defaut d’entretien le 7 mars 2024 (TJ Lyon, 7 mars 2024, n° 21/02522) sur le fondement de l’article 14 de la loi du 10 juillet 1965.
Revocation du syndic :
L’assemblee generale peut revoquer le syndic à la majorite de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, soit la majorite des voix de tous les coproprietaires. Cette revocation peut intervenir à tout moment, même en cours de mandat, sans avoir à justifier d’un motif particulier.
Le tribunal judiciaire peut également ordonner la revocation du syndic et designer un administrateur provisoire en cas de faute grave : carence dans la gestion, malversations financieres, refus persistant d’executer les décisions de l’assemblee generale. La jurisprudence recente confirme cette possibilite en cas de manquements graves du syndic à ses obligations legales et contractuelles (TJ Paris, 16 mai 2024, n° 23/04782 ; TJ Paris, 21 decembre 2023, n° 21/00683 concernant la modification du reglement de copropriété sur le fondement de l’article 1er de la loi du 10 juillet 1965).
Prescription de l’action en responsabilite :
L’action en responsabilite contre le syndic se prescrit par dix ans à compter de la revelation de la faute où du dommage pour les fautes commises depuis l’entree en vigueur de la loi du 17 juin 2008. Pour les fautes anterieures, la prescription trentenaire peut s’appliquer selon les cas.
Qu'est-ce que le statut de la copropriété selon la loi du 10 juillet 1965 ?
La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixe le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Elle régit tout immeuble dont la propriété est répartie par lots entre plusieurs personnes, chaque lot comportant obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communes indissociables. Le syndicat des copropriétaires, doté de la personnalité civile, a pour objet la conservation et l’amélioration de l’immeuble ainsi que l’administration des parties communes. Le règlement de copropriété détermine la destination des parties privatives et communes ainsi que les conditions de leur jouissance, sous réserve de ne pas imposer de restrictions injustifiées aux droits des copropriétaires.
Quelle est la responsabilité du syndicat des copropriétaires pour les désordres des parties communes ?
Aux termes de l’article 14 de la loi du 10 juillet 1965, le syndicat est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers ayant leur origine dans les parties communes, sans préjudice de toutes actions récursoires. Cette responsabilité de plein droit s’applique même lorsque les désordres trouvent partiellement leur origine dans des parties privatives, si le syndicat refuse de réaliser les travaux de reprise des parties communes dont il a la charge d’entretien. Le Tribunal judiciaire de Paris a ainsi condamné un syndicat à réaliser des travaux sur parties communes malgré l’origine privative partielle des désordres dans son jugement du 18 juillet 2025 (n° 25/52541).
Quelles sont les missions obligatoires du syndic ?
Selon l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965, le syndic doit assurer l’exécution des dispositions du règlement de copropriété et des délibérations de l’assemblée générale, administrer l’immeuble, pourvoir à sa conservation, sa garde et son entretien. En cas d’urgence, il doit faire procéder de sa propre initiative à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. Le Tribunal judiciaire de Nice a rappelé le 4 novembre 2024 (n° 24/01852) que le syndic engage sa responsabilité lorsqu’il ne fait pas exécuter les travaux votés en assemblée générale dans des délais raisonnables.
Le syndic doit-il transmettre les documents au nouveau syndic ?
L’article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965 impose à l’ancien syndic de transmettre l’ensemble des informations, documents et archives du syndicat au nouveau syndic. Cette obligation est portable et l’ancien syndic doit justifier avoir satisfait à son obligation légale. Le Tribunal judiciaire de Paris a ordonné le 2 juin 2025 (n° 25/50894) à un ancien syndic de remettre les pièces du syndicat sous astreinte, précisant que l’action du syndicat des copropriétaires n’est pas exclue par l’article 18-2 qui permet également au nouveau syndic ou au président du conseil syndical d’agir.
Quel est le délai pour contester une décision d'assemblée générale ?
L’article 42 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que les actions en nullité des décisions d’assemblée générale doivent être introduites dans les deux mois qui suivent la notification du procès-verbal. Ce délai est d’ordre public et court à compter de la notification, non de la tenue de l’assemblée. Seuls les copropriétaires opposants peuvent contester les décisions. La Cour d’appel de Colmar a confirmé le 13 juin 2024 (n° 22/03384) qu’un copropriétaire ayant voté favorablement toutes les résolutions n’a pas qualité pour contester l’assemblée.
Peut-on contester des assemblées convoquées par un syndic au mandat nul ?
Lorsque le syndic n’ouvre pas de compte bancaire séparé au nom du syndicat dans les trois mois suivant sa désignation, son mandat est nul de plein droit selon l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965. La jurisprudence précise qu’il n’est pas nécessaire d’avoir demandé dans le délai de deux mois la nullité des décisions d’assemblées générales convoquées par un syndic dont le mandat a été annulé de plein droit pour défaut d’ouverture d’un compte bancaire séparé. La Cour de cassation a confirmé cette solution le 14 septembre 2017 (n° 16-17971).
Comment contester une répartition des charges de copropriété ?
La répartition des charges doit respecter les articles 9 et 10 de la loi du 10 juillet 1965. Les charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun sont réparties selon l’utilité que ces services et éléments présentent pour chaque lot. La Cour d’appel de Montpellier a rappelé le 29 novembre 2022 (n° 20/03702) que les décisions de l’assemblée générale modifiant la clé de répartition des charges, si elles ne sont pas contestées dans le délai de deux mois prévu à l’article 42, deviennent définitives et opposables à tous les copropriétaires.
Les charges d'entretien des terrasses privatives sont-elles des charges communes ?
L’imputation des charges doit respecter le règlement de copropriété et la distinction entre parties privatives et communes. Le Tribunal judiciaire de Paris a jugé le 16 mai 2024 (n° 23/04782) que l’entretien du complexe d’étanchéité sous les dalles de terrasses accessibles constitue une charge commune, même si les terrasses sont à usage privatif. Le fait qu’une assemblée générale décide d’une imputation privative contraire au règlement ne la rend pas conforme pour autant, et ne porte ni sur la période passée ni sur l’avenir.
Que faire si le syndic ne fait pas réaliser les travaux votés ?
Le manque de diligence du syndic dans l’exécution des travaux votés caractérise un trouble manifestement illicite justifiant une action en référé. Le Tribunal judiciaire de Paris a condamné un syndicat à réaliser des travaux sur parties communes après constat de son manque de diligences dans son jugement du 18 juillet 2025 (n° 25/52541). Le Tribunal judiciaire de Nice a ordonné sous astreinte la réalisation de travaux de toiture votés en 2017 mais jamais exécutés le 4 novembre 2024 (n° 24/01852), le syndic ayant rencontré des difficultés de financement sans pour autant prendre les mesures nécessaires.
Un copropriétaire peut-il s'opposer à des travaux votés dans son lot ?
L’article 9 de la loi du 10 juillet 1965 dispose qu’un copropriétaire ne peut faire obstacle à l’exécution, même sur ses parties privatives, de travaux d’intérêt collectif régulièrement décidés par l’assemblée générale, dès lors que l’affectation, la consistance ou la jouissance des parties privatives n’en sont pas altérées de manière durable. Le Tribunal judiciaire de Paris a rappelé le 23 juillet 2025 (n° 25/52469) que tout copropriétaire doit laisser au syndic un libre accès à son lot pour les interventions sur parties communes ou en cas d’urgence.
Le syndic peut-il engager des travaux urgents sans vote préalable ?
Oui, l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 autorise le syndic, en cas d’urgence, à faire procéder de sa propre initiative à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, en respectant la procédure prévue à l’article 37 du décret du 17 mars 1967. Le Tribunal judiciaire de Paris a confirmé le 22 décembre 2023 (n° 23/58648) qu’en cas de travaux urgents, les copropriétaires ne peuvent s’opposer à leur exécution au sein de leurs lots, le syndic devant cependant notifier ces travaux au moins huit jours avant, sauf impératif de sécurité.
Quelle est la responsabilité du syndic en cas de retard dans les travaux ?
Le syndic peut voir sa responsabilité délictuelle engagée pour négligence dans la réalisation des travaux. La Cour de cassation a confirmé le 29 février 2024 (n° 22-24558) qu’un syndic négligent à compter d’une certaine date dans la réalisation de travaux de réparation peut être condamné à indemniser les préjudices financiers et de jouissance subis par les copropriétaires, y compris pour le maintien prolongé d’un étaiement. Le quitus donné par l’assemblée générale n’exonère pas le syndic de cette responsabilité délictuelle.
Le syndicat peut-il être responsable même en cas de faute du copropriétaire ?
La faute de la victime copropriétaire ne peut exonérer la responsabilité du syndicat que si elle est à l’origine de son entier préjudice. Le simple fait qu’un copropriétaire soit membre du conseil syndical et n’ait pas trouvé d’accord sur le choix d’une entreprise ne suffit pas à caractériser sa faute exclusive. Il appartient aux juges de caractériser pleinement la faute exclusive du copropriétaire dans le retard des travaux et le préjudice subi pour exonérer le syndicat de sa responsabilité de plein droit prévue à l’article 14.
Comment faire pour révoquer un syndic professionnel ?
La révocation du syndic peut être décidée par l’assemblée générale. L’article 17-2 de la loi du 10 juillet 1965 encadre cette procédure. Le syndic professionnel ne peut poursuivre ses fonctions en l’absence de renouvellement ou en cas de retrait de sa carte professionnelle obligatoire prévue par la loi du 2 janvier 1970 dite loi Hoguet. La Cour de cassation a précisé le 2 juillet 2008 qu’un syndic ne peut continuer à exercer sans carte professionnelle renouvelée, et que les actes accomplis dans ces conditions peuvent être remis en cause.
Peut-on demander une provision au syndic pour faute de gestion ?
Oui, sur le fondement de l’article 835 du Code de procédure civile, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Le copropriétaire doit rapporter la preuve d’une faute du syndic, d’un préjudice personnel et d’un lien de causalité. Le Tribunal judiciaire de Paris a rappelé le 16 mai 2024 (n° 23/04782) que la responsabilité civile délictuelle du syndic ne peut être engagée qu’à cette triple condition. Si ces éléments ne sont pas clairement établis ou font l’objet de contestations sérieuses, la demande de provision sera rejetée.
Le syndic est-il responsable des travaux incompatibles décidés en assemblée ?
Le syndic doit éclairer l’assemblée générale sur la faisabilité des travaux. Le Tribunal judiciaire de Paris a jugé le 7 mars 2024 (n° 23/57128) qu’il n’y avait pas de faute lorsque, postérieurement à l’assemblée ayant voté des travaux, l’architecte a révélé leur incompatibilité avec la structure, et qu’une nouvelle assemblée a été convoquée pour annuler les résolutions initiales et voter de nouveaux travaux conformes aux préconisations techniques. En l’absence de faute caractérisée et en présence de contestations sérieuses, la demande de provision contre le syndic a été rejetée.
Comment faire exécuter une obligation du syndicat en justice ?
L’action en justice peut être engagée par le syndicat lui-même, qui a qualité pour agir tant en demandant qu’en défendant, même contre certains copropriétaires selon l’article 15 de la loi du 10 juillet 1965. Les copropriétaires peuvent également agir individuellement en responsabilité délictuelle. La Cour d’appel de Paris a réaffirmé le 26 septembre 2024 (n° 23-15.424) que le syndicat est responsable tant des désordres affectant les parties communes que du retard dans la réalisation des travaux, justifiant l’octroi d’une indemnisation au titre de la perte de loyers.
Quelles majorités sont requises pour les décisions affectant les parties communes ?
L’article 26 de la loi du 10 juillet 1965 exige la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix pour les actes d’acquisition ou de disposition, la modification du règlement concernant la jouissance, l’usage et l’administration des parties communes, ou la suppression du poste de concierge. L’assemblée ne peut, sauf à l’unanimité, décider l’aliénation des parties communes nécessaires au respect de la destination de l’immeuble. Le Tribunal judiciaire de Paris a rappelé ces règles de majorité d’ordre public dans ses jugements du 19 décembre 2023 (n° 23/13573) et du 18 juillet 2024 (n° 21/15521).