Tribunal de commerce d’Orléans, le 11 février 2025, n°2025000288

Le Tribunal de commerce d’Orléans, par jugement du 11 février 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société. L’organisme de recouvrement des cotisations sociales, créancier, a assigné la société débitrice en raison du défaut de paiement d’une créance certaine. La société n’a pas comparu à l’audience. Le tribunal constate que le débiteur n’est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il retient ainsi l’état de cessation des paiements et ouvre la procédure collective. La question de droit posée est celle des conditions d’ouverture du redressement judiciaire sur demande d’un créancier. Le tribunal rappelle les exigences légales et les vérifie en l’espèce. Il ouvre la procédure et fixe une période d’observation de six mois.

**I. La constatation rigoureuse des conditions légales de l’ouverture**

Le tribunal procède à un examen complet des éléments requis par le code de commerce. Il vérifie d’abord la qualité du demandeur et le défaut de représentation du débiteur. Il relève que le créancier assignant justifie d’une « créance certaine, liquide et exigible » demeurée impayée. Il note également que « toutes les démarches, procédures ou voies d’exécution » sont restées vaines. Cette vérification est essentielle pour fonder la recevabilité de la demande. Le créancier doit en effet démontrer l’inefficacité des voies de droit commun.

Le juge examine ensuite la situation économique du débiteur. Il se fonde sur « les pièces et les informations transmises » pour établir que la société « n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette appréciation conduit à la constatation de l’état de cessation des paiements. Le tribunal fixe provisoirement sa date au 1er décembre 2023. La décision illustre le pouvoir souverain des juges du fond pour apprécier les éléments de la crise. Elle montre aussi le caractère déclaratif du jugement d’ouverture.

**II. Les mesures conservatoires et prospectives d’une procédure en devenir**

L’ouverture de la procédure s’accompagne de décisions immédiates destinées à préserver les intérêts en présence. Le tribunal autorise le maintien d’un seul compte bancaire et la clôture des autres. Il maintient provisoirement la rémunération du dirigeant. Ces mesures visent à simplifier la gestion et à éviter toute dissipation d’actifs. Elles traduisent la mise sous tutelle judiciaire de l’entreprise. La nomination d’un juge-commissaire et d’un mandataire judiciaire parachève cette organisation.

La décision s’inscrit dans une temporalité procédurale stricte. Le tribunal fixe une période d’observation de six mois. Il renvoie l’affaire à une audience ultérieure pour examiner « les capacités financières suffisantes à la poursuite d’activité ». Il précise qu’à défaut, une conversion en liquidation pourra être prononcée. Cette organisation souligne le caractère provisoire du redressement. La procédure est orientée vers l’établissement d’un plan de continuation ou de cession. Le jugement apparaît ainsi comme une première étape, laissant place à une phase d’investigation et de proposition.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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