Tribunal de commerce de Bobigny, le 11 février 2025, n°2024P03239

Le Tribunal judiciaire de Bobigny, statuant en matière commerciale, a rendu un jugement le 11 février 2025. Une société, exploitant une activité de transport avec chauffeur, avait déclaré sa cessation de paiements. L’examen de la situation révélait un actif inexistant face à un passif exigible et aucune perspective de redressement. Le tribunal a donc été saisi aux fins d’ouverture d’une procédure collective. La juridiction a dû se prononcer sur le prononcé et les modalités de cette ouverture, en l’absence de comparution du représentant légal. Le jugement ouvre une liquidation judiciaire immédiate sans maintien d’activité. Cette décision invite à analyser le strict respect des conditions légales par le juge, puis à en considérer les conséquences procédurales immédiates.

**La constatation rigoureuse d’un état de cessation des paiements**

Le tribunal fonde sa décision sur l’appréciation souveraine des éléments caractérisant l’état de cessation des paiements. Le jugement relève que « le débiteur est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formule reprend les termes de l’article L. 631-1 du code de commerce. Elle démontre une application stricte du critère légal, sans recherche d’autres éléments économiques. La date de cessation des paiements est fixée au 31 août 2024, conformément à la déclaration du débiteur. Le juge valide ainsi la date proposée, ce qui est de sa compétence souveraine dès lors qu’elle est vraisemblable. L’absence de contestation rend cette fixation définitive.

L’ouverture de la liquidation judiciaire procède ensuite d’une double constatation négative. Le tribunal estime qu’ »aucune perspective de redressement ou de cession n’existant ». Cette brève motivation est caractéristique des dossiers où l’actif est nul. Le juge n’est pas tenu de développer une recherche active de solutions. L’inexistence de l’actif disponible rend toute poursuite d’activité impossible. La décision s’inscrit dans l’application directe de l’article L. 640-1 du code de commerce. Elle écarte ainsi toute possibilité de procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

**Les conséquences d’une liquidation ouverte sans délai**

La décision emporte des effets immédiats et stricts pour le débiteur. Le tribunal ordonne une liquidation « immédiate sans maintien de l’activité ». Cette qualification entraîne la cessation de toute exploitation dès le prononcé du jugement. Le mandataire liquidateur est nommé avec pour première mission de réaliser l’inventaire. La fixation d’une date d’examen de la clôture au 11 février 2027 est une mesure de diligence. Elle vise à encadrer la durée de la procédure, conformément aux objectifs de célérité.

Les modalités de publicité et de déclaration des créances sont précisées avec rigueur. Le jugement impartit « un délai de 2 mois à compter de la publication » pour la déclaration des créances. Il prévoit également l’établissement de la liste des créances dans un délai de quinze mois. Ces mesures organisent le déroulement futur de la liquidation. Elles garantissent le respect des droits des créanciers dans une procédure où l’actif est absent. La décision illustre le formalisme nécessaire au déroulement régulier d’une liquidation, même lorsque son issue est prévisible.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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