Tribunal de commerce de Rennes, le 14 janvier 2025, n°2024F00119

Le Tribunal de commerce de Rennes, statuant le 14 janvier 2025, a été saisi d’une instance introduite par assignation du 22 mars 2024. Le demandeur initial a ultérieurement sollicité son désistement d’instance et d’action. Le défendeur n’avait présenté aucune défense au fond ni fin de non-recevoir préalablement à cette demande. La juridiction a donc dû se prononcer sur les conditions de validité d’un tel désistement, spécifiquement sur la nécessité de l’acceptation de la partie adverse. Elle a donné acte du désistement et de son acceptation, liquidant les dépens. Cette décision invite à analyser le régime juridique du désistement d’instance, puis à en mesurer les implications procédurales.

**I. La consécration d’un formalisme allégé pour le désistement**

Le jugement applique strictement les articles 394 et 395 du code de procédure civile. Il rappelle que le désistement nécessite en principe l’acceptation du défendeur pour être parfait. Toutefois, il relève que “l’acceptation n’est pas nécessaire si le défendeur n’a présenté aucune défense au fond ou fin de non-recevoir”. La juridiction constate que cette condition est remplie en l’espèce, le défendeur n’ayant pas encore formulé de telles défenses. Cette solution s’inscrit dans une interprétation littérale et bien établie des textes. Elle vise à simplifier la procédure lorsque l’adversaire n’a pas encore engagé de discussion sur le fond du litige. Le formalisme est ainsi proportionné à l’investissement procédural déjà consenti. Cette approche favorise une économie de moyens juridictionnels. Elle évite de maintenir une instance devenue sans objet par la volonté unilatérale de son auteur, sous réserve de protéger les droits de la défense. La décision illustre le souci d’une administration efficace de la justice.

**II. Les effets procéduraux d’un désistement accepté ou réputé accepté**

En donnant acte du désistement et de son acceptation, le Tribunal liquide les dépens conformément aux articles 695 et 701 du code de procédure civile. Le traitement des frais d’instance suit l’article 399. Cette liquidation met fin au litige de manière définitive. Le désistement d’action, distinct du simple désistement d’instance, empêche toute nouvelle demande sur la même cause. La décision opère ainsi une clarification des conséquences financières de l’arrêt des poursuites. Elle rappelle que le désistement, même facilité, génère des frais qui doivent être supportés selon des règles précises. La solution assure une sécurité juridique pour les parties. Elle évite tout contentieux ultérieur sur la charge des dépens. Cette rigueur dans le règlement terminal de l’instance complète la souplesse accordée pour sa cessation. L’équilibre entre célérité procédurale et respect des droits de chaque partie est ainsi préservé.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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